LE PORT D'ANVERS

En été 1906 Friesz et Braque séjournent à Anvers

Ils réalisent une vingtaine de tableaux présentant le port d'Anvers. Plusieurs sont réalisés du balcon de leur chambre

Mais Friesz n'est pas encore tout à fait fauve car sa conception de l'espace reste tributaire du facteur lumière



L'ESCAUT VU DU BALCON

Friesz se libère lentement de l'impressionnisme

Il force la couleur et travaille la matière en coups de brosse bien marqués

Il a besoin de constructions solides

DU BALCON, BATEAU PAVOISE

A Anvers ils avaient loué une chambre studio avec balcon et vue sur l'Escaut

Le paysage changeait sans qu'on eût besoin de bouger, par le seul passage de navires de commerce et par les changements météorologiques qui modifiaient les lumières, les couleurs et les reflets sur l'eau et dans le ciel

LE PORT D'ANVERS   

Friesz marqué par l'impressionnisme donne une apparence fauve à ses tableaux, par exemple le long des coques de bateaux, mais sans se départir de la touche fondue

La surface est émaillée d'accents de couleurs pures posés par touches rapides dont on sent bien la violence

LE PORT D'ANVERS    

"Ce que nous avons appelé l'orchestration colorée eut pour conséquence immédiate une plus grande pureté de la palette et marque notre rupture avec l'esprit réaliste qui triomphait alors...

La construction d'un tableau ne pouvait être obtenue qu'en transposant notre vision directe, ordinaire, médiocre. Et nous commençâmes par demander cette transposition à la couleur. C'est l'esprit du fauvisme"



ARBRES   

Le peintre force sa nature pour une évocation flamboyante et irréelle de la nature

Il a encore des réticences à l'aplat total et à la réduction du nombre des couleurs


L'ESTAQUE    

En juillet 1907 Friesz retrouve Braque à L'Estaque

C'est le choc du Midi qu'ont connu les autres fauves avant lui

Ce tableau est le premier tableau vraiment fauve de Friesz, structuré, simplifié




LE BEC DE L'AIGLE  

Le fauvisme de Friesz atteint son apogée en été 1907 quand il rejoint Braque à La Ciotat

C'est son premier séjour dans le Midi

La composition de cette toile peut paraître déséquilibrée et donner l'impression d'une sorte de fouillis de formes molles

L'artiste semble timide dans l'appréhension de l'exubérance de la nature méridionale, comme une incapacité à choisir ce qu'il faut sacrifier pour mieux exprimer cette luxuriance végétale



LE BEC DE L'AIGLE   

Cette version est plus affirmée

Un des plus beaux paysages de la peinture fauve

Friesz a fait des choix et des sacrifices avant de réaliser son travail de stylisation et de synthèse

Il abandonne le rythme angulaire de la forme inférieure droite (terrasse de maison ?) au profit d'une forme incurvée parfaitement intégrée dans un ensemble de formes essentiellement courbes

Harmonie de couleurs fondée sur des teintes rapprochées (jaune-orangé-rouge) plutôt que sur des teintes complémentaires

Ce choix de l'harmonie des couleurs résulte de l'influence de Gauguin



LA CIOTAT   

Friesz se dégage avec liberté de la traduction littérale du paysage

Il accentue le procédé de l'ellipse qui fait que le paysage se présente presque comme une image abstraite




LE TRAVAIL A L'AUTOMNE  

Le peintre réutilise le paysage de la Côte de Grâce à Honfleur et y insère de grandes figures suggérant les divers travaux de l'automne, en s'efforçant de donner à cette association le plus d'harmonie possible

La couleur perd de son éclat et de sa prépondérance pour devenir un élément parmi d'autres, nécessaire à l'équilibre général des formes et à l'unité du tableau

"La couleur, dit Friesz, cessa d'être maîtresse de la toile, le dessin renaissait sous les volumes et la lumière; la couleur restant un adjuvant savoureux"

LES ARBRES,  LA CIOTAT  

Dans ses vues de calanques, Friesz s'autorise toutes les audaces graphiques et colorées

Dans ce paysage il est classique

Influence de Cézanne qui est la figure dominante du Salon de 1907

La structure solide est mise en évidence par les troncs verticaux

Les couleurs se refroidissent et s'assagissent

PAYSAGE SOUS LA NEIGE   

Depuis Anvers, Friesz a changé d'écriture

Son dessin se japonise, son pinceau s'emporte dans des arabesques décoratives et lyriques

La neige avait été un sujet des impressionnistes

Ce  n'est pas le cas pour les Fauves en raison du manque de densité de la neige

La toile de Friesz se trouve encore empreinte d'une atmosphère impressionniste

FEMME NUE ASSISE AU BAS D'UN PALMIER         

Friesz adapte son dessin pour le contenir dans la forme circulaire de la céramique

La céramique l'oblige à limiter le nombre des couleurs ce qui produit un effet fauve plus évident encore que dans ses peintures


Othon Friesz naquit le 6 février 1879 au Havre

Son père était capitaine au long cours

Il aimait l'animation du port plus que la musique que lui enseignait sa mère

Dés 1897 il se consacra à temps complet à la peinture et au dessin

Il étudie sous la direction de Charles Lhuillier à l'Ecole des Beaux Arts du Havre (Lhuillier sut aussi discerner les dons de Braque et de Dufy)

En 1898 une bourse lui permit d'étudier à Paris dans l'atelier de Gustave Moreau où il fut le condisciple des futurs fauves

Avec Matisse, Derain et Vlaminck il voulut s'exprimer grâce au seul jeu des complémentaires et des contrastes

Il peint par séries :

- à Anvers

- dans le Midi où il est allé rejoindre Matisse

- en Normandie

Ses tableaux présentent beaucoup de courbes qui pour lui expriment la forme contenue et peu d'angles dans lesquels il voit l'expression d'une nervosité impatiente

Il renonce au fauvisme dès 1908 : il découvre en peignant une colline à la Ciotat la nécessité de revenir au dessin

Il mourut subitement le 9 janvier 1949 à 70 ans


FRIESZ  EN 1905

AUTOMNE A HONFLEUR  

Jusqu'au Salon d'Automne 1905 Friesz était un jeune peintre très impressionniste, intéressé par les effets atmosphériques

Le Salon lui révéla une autre vie possible, physique et enthousiaste, qui convenait à sa nature et à sa jeunesse

Il cherche à se libérer de l'impressionnisme pour inventer ce paysage neuf

"Ce que nous avons appelé orchestration colorée eut pour conséquence immédiate une plus grande pureté de la palette et marque notre rupture avec l'esprit réaliste et documentaire qui triomphait alors. Nous nous aperçûmes que la construction d'un tableau ne pouvait être obtenue qu'en transposant d'abord notre vision directe, ordinaire, médiocre. Et nous commençâmes par demander cette transposition à la couleur"

Les oeuvres de Matisse lui firent découvrir sa voie : la reconstruction de la lumière par une orchestration colorée



DECHARGEMENT SUR LE PORT D'ANVERS             

On sent l'influence de Cézanne en qui Friesz voit un impressionniste qui s'efforce de "donner de la solidité aux choses"



PENICHES A ANVERS    

Matisse considérait que Friesz ne s'était pas encore libéré de toute influence

"Il faut à la fois être peintre, libre de toute école et se dépouiller de tout ce qui n'est pas soi-même"

LE PORT VU DE LA FENÊTRE   

Les contrastes provoquent une luminosité neuve, des couleurs claires, (vermillons, jaunes) et des fonds de toile laissés vierges par endroit

Touche riche appliquée en aplats puisssants

Friesz est plus nerveux que Braque

Émotif, instinctuel, sa touche est rapide, mouvementée et progresse par accents brusques et sommaires



ARBRES A HONFLEUR   

Le tableau n'est plus comme à Anvers le rendu objectif d'une particulière notation d'un moment de la journée

Il est l'expression lyrique d'un choc ressenti devant le spectacle de la nature

Le souci descriptif a disparu totalement

Le dessin, s'il n'est pas encore aussi simplifié qu'il le sera dans les paysages de La Ciotat, prend un caractère abréviatif nettement plus accusé qu'auparavant

La lumière en tant qu'élément naturaliste est absente pour faire place à une organisation de plans colorés


LA CALANQUE, LA CIOTAT  

La maîtrise de la structure et le refroidissement des couleurs dit l'influence de Cézanne

C'est un décor de théâtre

La nature n'est plus physique, elle a pris avec le silence une intellectualité

Quelques agitations dans le ciel évoquent le souvenir de Van Gogh


LES ENVIRONS DE L'ESTAQUE   

Friesz exprime par le mouvement de la végétation la vitalité de la nature

Les couleurs ont été simplifiées et l'harmonie rythmique repose sur des jaunes, des orangés, des mauves

PAYSAGE   

Dans ce dessin aquarellé Friesz exprime son émerveillement devant la nature

Tout croît, tout danse et le crayon semble emporté dans une création du monde

LA CALANQUE D'ANVAUX           

La couleur est totalement libérée

La palette est vive, jaune, orange, violet, vert

Friesz renonce à toute notion de naturalisme pour une abstraction lyrique qui semble guidée par le seul geste du pinceau en courbes et en arabesques

Il exprime l'exaltation sensuelle que provoque en lui l'exubérance de la nature du Midi



PORTRAIT DE FERNAND FLEURET   

Dans ce tableau subsistent quelques éléments du fauvisme mais le système plastique employé cesse d'être fauve

En effet, Friesz, influencé par l'art cézannien, veut reconquérir le poids des formes, la rigueur de la composition, la modulation de l'espace peint, la soumission de la couleur à l'économie du tableau

Friesz a ainsi participé à l'élaboration d'un nouveau langage pictural qui rompait avec le fauvisme et qui devait conduire au cubisme

FRIESZ

FRIESZ  EN  1907


FRIESZ  EN 1906

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