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LA  VIE  DE  CEZANNE

 

 

Cézanne longuement ignoré en son temps est devenu celui dont le regard a inventé la  peinture moderne.

 

Cézanne était surtout un homme entier, provincial intimidé à Paris, homme simple intimidé dans le monde. Il n’avait qu’une passion : la peinture.

Cézanne fut toujours mal aimé à Aix qui a attendu cent ans pour honorer le plus célèbre de ses fils.

 

Cézanne naît donc à Aix en 1839. C’est l’année de l’invention de la photo.

 

Le père de Cézanne  (qui lit son journal) s’était enrichi en fabriquant des chapeaux. C’était un malin : il prêtait de l’argent aux éleveurs de lapins et de prêteur en prêteur il est devenu banquier.

Il a tout fait pour s’incruster dans la bourgeoisie bien-pensante d’Aix. Il a même épousé la mère de Paul qui était une de ses employées.

Il sait être conformiste. En 1848 il est pour la République. En 1852 il est pour l’empire.

 

En 1852, Cézanne lui entre en 6ème au lycée Bourbon.

Dans la cour lors d’une bagarre de gamins il défend un petit binoclard agressé par de plus grands.

Le petit binoclard, c’est Emile Zola, parisien dont le père ingénieur construit un barrage près d’Aix.

 

Ainsi naquit une amitié qui marquera profondément Cézanne.

Zola écrira : « Les jours de congé, les jours que nous pouvions voler à l’étude, nous nous échappions à courses folles à travers la campagne, nous avions un besoin de grand air, de grand soleil, de sentiers perdus au fond des ravins, dont nous prenions possession en conquérants … »

 

« L’amour des grandes marches, une fringale de lecture nous avaient protégés de l’engourdissement de la vie provinciale »

 

Cézanne aura fait d’excellentes études : sa formation classique lui permettait de composer des vers en latin. Il aura toujours la nostalgie de ses années de jeunesse.

 

Cézanne était timide avec les jeunes filles. Il trouvait qu’il n’était pas séduisant. Il restera très distant vis à vis des femmes. Il n’osait pas employer comme modèle une jeune femme nue. Plus tard il interdira à sa fidèle servante de se trouver à moins d’un mètre de lui pour ne pas être effleuré.

 

Le père de Cézanne s’était fait une situation sociale par son travail. Regardé comme un parvenu par la bourgeoisie d’Aix il comptait sur son fils pour affirmer sa position.

 

Il voulait que son fils fasse du droit. Cézanne a suivi les cours de la faculté de droit mais en traînant les pieds.

En stage à la banque de son père, il écrivait :

« Cézanne le banquier ne voit pas sans frémir

Derrière son comptoir naître un peintre à venir »

 

En 1858 Zola regagne Paris car son père est mort.

Cézanne écrit à Zola : « Depuis que tu as quitté Aix, mon cher, un sombre chagrin m’accable. Je suis lourd, stupide et lent. »

 

Mais Cézanne disait « oui » à son père. Il aura toujours tendance à se conduire devant lui en petit garçon craintif et coupable. Et cela jusqu’à un âge avancé.

Si durant les années de jeunesse les pensions versées par son père sont à peine suffisantes, Cézanne devra plus tard à son père la sécurité financière.

Quand son père sera mort, il dira : « Mon père, cet homme de génie, il m’a laissé 25.000 francs de rente »

 

Zola lui reprochait son manque de caractère vis à vis de son père. Zola se considérait comme supérieur et voulait jouer le rôle de mentor.

 

Grâce à l’intervention de sa mère, Cézanne obtint de son père l’autorisation de s’inscrire à l’école gratuite de dessin d’Aix. Cette école était située dans les locaux de l’ancien prieuré de Malte qui est devenu le Musée Granet.

 

Cézanne obtint même de son père l’autorisation de peindre le grand salon de la maison du Jas de Bouffan acquise en 1859.

Cette propriété de 15 hectares sera pour Cézanne un havre de paix jusqu’à la mort de sa mère où elle sera vendue.

 

De Paris, Zola le pressait de gagner la capitale.

Il lui envoyait des lettres lui prévoyant un emploi du temps sévère de copie au Musée du Louvre et un style de vie spartiate car il ne fallait pas trop compter sur la générosité financière du père.

En 1862 son père accepte et Cézanne part pour la capitale.

Il est plein d’enthousiasme pour conquérir Paris.

 

Il copie les tableaux du Louvre.

Le grand maître officiel incontesté était Ingres.

 

Ingres accordait une grande importance au dessin.

Il écrivait : « Il faut dessiner longuement avant de songer à peindre. Le dessin ne consiste pas seulement dans le trait. Le dessin c’est l’expression, la forme intérieure, le plan, le modelé, voyez ce qui reste après cela. Le dessin comprend les trois quarts et demi de ce qui constitue la peinture »

 

Delacroix, le romantique a fasciné Cézanne.

Delacroix utilisait des couleurs non préalablement mélangées sur la palette. On appelle cette technique « le flochetage ».

Ainsi la surface peinte devient un tissu de touches colorées.

Delacroix a écrit : « La couleur n’est rien si elle n’est convenable au sujet, et si elle  n’augmente pas l’effet du tableau par l’imagination »

 

En 1839 le chimiste Chevreul avait publié un ouvrage faisant remarquer qu’en juxtaposant deux couleurs complémentaires comme le rouge et le vert ou le bleu et l’orangé les couleurs acquéraient une vivacité et une pureté des plus remarquables.

 

De la couleur de Delacroix, Cézanne écrivait : « elle vous entre dans l’œil comme un verre de vin dans le gosier, et on est tout de suite ivre »

 

Cézanne admirait le réalisme de Courbet qui affirme que le peintre doit vivre avec son époque et écrit : « Le beau, comme la vérité, est une chose relative au temps où l’on vit et à l’individu apte à le concevoir »

 

Courbet écrit : « La peinture est un art essentiellement concret et ne peut consister que dans la représentation des choses réelles et existantes. Un objet abstrait, non visible, non existant, n’est pas du domaine de la peinture »

 

A cette époque, pour se faire connaître et vendre ses toiles, il fallait exposer au Salon

Un jury sélectionnait les peintres admis à exposer.

Il y avait beaucoup de refusés.

Pour être admis au Salon il fallait, comme on dit maintenant, être politiquement correct. Mais sous Napoléon, être politiquement correct, c’était respecter la tradition et ne pas choquer le bourgeois.

 

La contestation des peintres refusés est forte.

Napoléon décide alors de prendre à témoin l’opinion et crée « le Salon des Refusés ».Participent à ce Salon des Refusés : Manet, Pissaro, Cézanne

 

 

Manet a provoqué un scandale avec son tableau « le déjeuner sur l’herbe »

Manet rompait avec les moyens académiques exprimant l’idéalisation. Il choquait car pour lui la femme cessait d’être une déesse.

 

En 1863, Manet relance le scandale avec « Olympia »

Théophile Gautier écrit dans le journal « le Moniteur » à propos de ce tableau : « L’originalité est devenue difforme et monstrueuse. L’artiste ne rencontre plus la laideur par un hasard naturel, il la poursuit comme un rêve : il se pose pour but le laid idéal. Monsieur Manet a cet honneur d’être un danger. »

 

Revenons à Cézanne qui travaille et sourions un peu.

Il peint des nus à l’école de peinture.

A la sortie de l’école il aborde la jeune femme qui vient de servir de modèle.

Elle s’appelle Hortense Fiquet et l’été suivant il lui fait découvrir la Provence.

 

1870, c’est la guerre.

Cézanne se cache à l’Estaque pour échapper aux gendarmes qui ne recherchent d’ailleurs que mollement le déserteur qu’il est devenu.

Pour lui une seule chose compte : la peinture.

Pendant que Bazille tombe sous les balles allemandes il peint jour après jour à l’Estaque où il vit avec Hortense Fiquet.

 

En 1872, elle lui donne un fils Paul, qui sera la grande passion de son père.

Avec Hortense, Cézanne aura des relations distantes. Il voulait toujours garder ses distances. Il refusait farouchement l’idée qu’on puisse « lui mettre le grappin dessus »

Hortense était très patiente : elle acceptait de poser plus de cent heures pour un tableau.

 

Un homme cependant, Pissaro, gagnera l’amitié et la confiance de ce bourru farouche qui cultivait d’ailleurs sa rudesse rustique.

N’a-t-il pas dit un jour à Manet : « Je ne vous donne pas la main, Monsieur Manet, je ne me suis pas lavé depuis huit jours »

 

Mais avec Pissaro, c’est différent. Pissaro est un calme qui ne se laisse pas impressionner par le caractère bourru de Cézanne et qui le premier a reconnu le génie de l’artiste.

 

Pissaro lui fait quitter l’atelier et renoncer aux couleurs sombres pour aller dans la campagne à Auvers ou Pontoise découvrir et peindre la nature, pour « aller sur le motif »

 

En 1874, Monet expose son tableau « Impression : soleil levant »

C’est la moquerie généralisée.

Visiteurs et critiques artistiques ne comprennent pas.

C’est par dérision qu’un journaliste invente le mot « impressionniste » promis à une belle carrière.

 

En 1878, son père qui a appris la liaison de Cézanne avec Hortense et l’existence de son petit fils décide de supprimer la pension qu’il verse à son fils.

Cézanne demande et obtient l’aide de Zola dont le succès littéraire a fait la fortune et qui vit bourgeoisement en son château de Médan.

Mais Zola ne croit pas que Cézanne soit un grand artiste.

Il pense que Cézanne est peu sociable car il se sait un peintre raté.

 

Il écrit en 1886 un roman, « L’œuvre » dans lequel il décrit la vie de Claude Lantier, un peintre raté, en prenant Cézanne pour modèle.

Cézanne est bouleversé.

Cézanne ne reverra jamais Zola.

Pour lui c’est la fin du rêve de sa jeunesse. Il est vrai que Zola avait écrit de son ami Cézanne : « Il est fait d’une seule pièce, raide et dur … Il ne veut même pas discuter ce qu’il pense ; il a horreur de la discussion, d’abord parce que parler fatigue et ensuite parce qu’il faudrait changer d’avis si son adversaire avait raison »

 

En 1886 il épouse Hortense Fiquet. Ce n’est toujours pas le grand amour mais Cézanne a une sœur Marie qui le pousse à respecter les convenances et qui sur sa vieillesse l’incitera à retourner à l’église.

Cette même année 1886 le père de Cézanne meurt. Le peintre n’a désormais plus de problème d’argent. Il a toujours eu un style de vie très frugal. Sa femme et son fils ont moins de réticence à dépenser l’argent.

 

Maintenant Cézanne ne vivra que pour sa peinture, alternant les voyages entre Paris et sa chère Provence.

 

Jusqu’à sa mort, le 12 octobre 1906 après une journée de violent orage, il peindra sans relâche

 

"Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude."

 

"Il faut traiter la nature par le cône, le cylindre et la sphère."

 

 

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