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LE  CARAVAGE

 

SES OEUVRES

A ROME

Nous allons étudier les oeuvres, visibles à Rome,

Et seulement celles qui sont à Rome

de Michelangelo MERISI

dit LE CARAVAGE

 

Ces oeuvres sont accessibles

Sur cette page

après la brève biographie

que  pouvez lire ci-dessous

Michelangelo Merisi dit Le Caravage naquit à Milan en septembre 1571 et quitta la Lombardie en mai 1592 alors qu'il avait déjà vingt ans

Nous savons peu de choses sur la période lombarde mais un contrat de 1584 (il avait 13 ans) atteste qu'il choisit comme maître Simone Peterzano, peintre originaire de Bergame et formé en partie à Venise. Il fut son élève pendant quatre ans.

Sa famille était en rapport avec le marquis de Caravaggio qui l'introduisit auprès d'autres grands seigneurs. Il trouva ainsi aide et protection auprès de cette famille et d'autres qui lui étaient apparentées : les Borromée, les Doria, les Colonna ...

La révolution artistique opérée par Caravage part des principes suivants :

- l'intérêt pour la perception des effets de lumière et d'ombre

- la peinture directe à partir du modèle vivant

- les tons gris

Caravage voulait étudier sur le vif "les mouvements de l'âme" et les actions dans ce qu'elles ont d'instantané

L'habitude de peindre sans dessin préliminaire se décèle dans les yeux qui parfois ne sont pas alignés à la même hauteur

En 1592 il part pour Rome et réalise en 1593 ses premières oeuvres connus "Garçon à la corbeille de fruits" et "Bacchus malade"

Après le Concile de Trente et depuis le règne de Sixte V Rome s'était transformée en un immense chantier de construction qui attirait architectes, maçons et peintres

La décoration d'une chapelle et la possession de peintures étaient devenues des critères de distinction sociale qui facilitaient l'entrée dans la noblesse romaine

En décembre 1590 le lombard Niccolo Sfondati fut élu pape sous le nom de Grégoire XIV. Il avait fait entrer le frère de Caravage dans les ordres mineurs

Son tableau "La diseuse de bonne aventure" lui vaut en 1594 d'être remarqué et de gagner la protection du Cardinal del Monte

En 1599 il reçoit la commande de la décoration de la chapelle Contarelli dans l'église Saint Louis des Français

Il connaît alors un grand succès en tant que peintre

Mais la période de sa vie à Rome fut marquée par des rixes fréquentes

Il cotoyait des personnages peu recommandables et gagna une réputation d'homme violent et querelleur

Une nuit il frappa le sergent de garde au Château Saint Ange

Il fut poursuivi pour ne pas avoir honoré ses dettes ou avoir été pris la nuit armé d'une épée sans autorisation

En 1606 lors d'une rixe il tue involontairement le peintre Tomassoni et doit fuir Rome où il ne reviendra plus

Protégé par la famille Colonna il est hors de portée de la justice romaine

Dans la vie tourmentée du peintre il n'est pas facile de distinguer entre une personnalité emportée et passionnée, une personnalité délinquante et une personnalité émotive et irrascible

Certains considèrent que la fréquence de ses délits traduit le caractère pathologique de ses réactions face à sa confrontation à la réalité et à l'incompréhension de ses contemporains

En 1607 il part pour Malte et impressionne par ses talents de peintre le Grand Maître de l'Ordre qui l'ordonne chevalier de l'Ordre de Malte

Mais il est radié en décembre 1608 après avoir gravement blessé un chevalier lors d'une rixe

En 1609 il demeure en Sicile d'où il retourne à Naples pour bénéficier de la protection de la famille Colonna et attendre la grâce papale

En 1610 il part pour Rome pour obtenir cette grâce mais il meurt sur la route le 18 juillet d'un accès de fièvre

Conclusion

L'un des grands apports de Caravage à la peinture est la technique du clair-obscur

Les personnages principaux de ses scènes ou de ses portraits sont placés devant un fond sombre ou obscur comme une pièce mal éclairée, un extérieur nocturne ou même un cadre abstrait dépourvu de décor

Une lumière vive provenant d'un point surélevé situé au-desssus ou sur le côté du tableau enveloppe les personnages à la manière d'un projecteur sur une scène de théâtre éclairant certains visages et en laissant d'autres dans l'ombre

Le centre du tableau, particulièrement éclairé, confère à la scène contrastes et reliefs qui diffusent une atmosphère mystérieuse ou dramatique

Caravage aurait eu une faculté de perception rétinienne exceptionnelle qui lui permettait d'accueillir et de mémoriser les nuances, les associations et les oppositions du noir et du blanc

Comme personne avant lui il sut suspendre la vibration de la lumière

 

Caravage reprend le motif vénitien de la représentation sacrée dans un paysage

Il veut affirmer qu'il n'existe pas de différence entre le sentiment du réel et le sentiment du divin

Les personnages sont présentés l'un à côté de l'autre de la façon la plus simple sans aucun artifice de composition

On voit les objets proches dans les moindres détails (pennes et touffes d'herbe)

Les objets lointains apparaissent voilés dans une atmosphère lumineuse

Aucune tentative pour donner une allure héroïque aux figures

- la Vierge cède à la fatigue, au sommeil

- Joseph est un vieux paysan gauche avec la fiasque à ses pieds et l'âne à son côté

Le motif réaliste se transforme en mythe par la figure "idéale" de l'ange qui surgit comme par enchantement

Son beau corps rosé s'inscrit dans la spirale du voile

L'ange est une figure idéale mais il a bien les pieds sur terre entre l'herbe et les cailloux et il joue d'un violon véritable; il lit les notes dans le livre saint que Joseph tient au-dessus de lui

L'unité est donnée par les couleurs :

- au centre le corps clair et la volute de son voile rendue plus lumineuse par contraste avec les points noirs de ses ailes

- tout autour une variation de vert et de havane

Faible modulation des contours en courbes douces

Pour Caravage la poésie n'est pas une convention de fantastique mais une expression de la vie intérieure; elle n'est ni opposée ni supérieure au réel; elle est dans le réel et elle en constitue la signification la plus authentique

Caravage exprime l'harmonie du doux et lumineux paysage : le ciel serein se reflète dans les eaux calmes, les caresses de lumière sur les arbres, les tendres panaches des roseaux des marais avec leurs feuilles effilées

Caravage était très sensible à la musique : quand la Madone et l'Enfant sommeille, l'ange musicien joue du violon, Saint Joseph lit avec patience la partition et l'âne aux longues oreilles est un auditeur attentif

Madeleine  pénitente

Ce tableau est une de ses premières oeuvres religieuses

Loin des reproductions traditionnelles de l'époque qui situent Marie-Madeleine dans le désert, il place la jeune femme, non pas dénudée mais richement vêtue, dans un intérieur sombre traversés par un rayon de lumière

Il dépose un petit vase à parfum sur le sol et à ses côtés, comme symboles des biens matériels, des bijoux épars dont elle va se détourner peu à peu

Le peintre rompt avec les représentations antérieures de la vie de la sainte : sa Madeleine est incarnée par une jeune femme de bonne famille introvertie qui vit une expérience intérieure, gagnée peu à peu par la grâce divine

Le peintre se concentre sur l'éloquence de la pose dans une perspective plongeante

Chaleur du coloris d'une lumière oblique

Madeleine a posé ses mains sans force et avec soumission dans son giron pour s'abandonner totalement au repentir, à la tristesse et à l'épuisement

Le contour de la nuque est souligné car la nuque est signe d'humilité; humilité de Madeleine qui s'abandonne au Christ

Marques d'abandon :

- le mince fil blanc qui retient la chemise au poignet est délié du côté gauche et pend

- la chemise a glissé sous les bretelles du corsage

- le collier de perles arraché d'une main décidée s'est brisé

- Madeleine a défait sa coiffure et quelques mèches tout juste coupées pendent sur son front

L'action du regret et de la conversion est parfaitement intériorisée: il n'y a pas de geste créant un lien avec le spectateur

A Rome le métier de courtisane était florissant

Judith et Holopherne

Caravage saisit de façon instantanée l'action biblique au plus fort de la violence de l'action

Profil méchant de la vieille suivante dont les yeux sont exorbités

Caravage en peignant des sujets violents veut approfondir la signification tragique de la vie et le conflit entre persécuteurs et victimes

Opposition entre la très belle Judith victorieuse et l'horrible assistante qui évoque le contraste entre la jeunesse et la vieillesse

Avec ce tableau Caravage étudie les effets d'une lumière contrastée sur les fonds sombres

 

La vocation de Saint Mathieu

Caravage construit les corps en utilisant la lumière

La scène se passe dans une chambre éclairée d'en haut et par la droite, ce qui fait ressortir la netteté des profils et la femeture hérmétique de la fenêtre du fond

La lumière pénètre presque à l'improviste dans l'espace d'où l'impression d'un évènement hors du commun mais sans étalage de mimique

Le Christ désigne le saint en soulevant lentement la main vers lui

Le jeu tient une place particulière dans l'oeuvre du Caravage

Les cinq personnages sont assis autour d'une table de jeu

L'un d'entre eux voyant Jésus entrer pour annoncer à Mathieu sa mission, semble ramener à lui des pièces de monnaie, comme s'il avait vu entrer un voleur

Caravage a renoncé à l'obligation de "faire grand"

Cette intervention du pouvoir divin sur l'humain reprend :

- chez Giotto la "Résurrection de Lazare" à Padoue

- chez Masaccio le "Paiement du tribut" à Florence

- chez Michel Ange la "Création d'Adam" à la Sixtine

Cette oeuve réaliste exprime un fort sentiment religieux

Aux sujets "de genre" des années de jeunesse se substitue une mise en place plus monumentale et plus dramatique

 

Le martyre de Saint Mathieu

Le contraste des ombres et des lumières créent la composition et la plastique des corps

Le Caravage voulait "ragaillardir les ombres"

Le rapport lumière-obscurité est le facteur déterminant de la construction du tableau

Composition irrégulière et agitée fondée sur le contraste entre le plasticisme puissant des corps et un espace obscur aux confins incertains

La lumière "constructrice" est une allusion à la grâce qui sauve des ténèbres des erreurs humaines

L'irruption de la lumière est le signe d'une imprévue fulgurance divine

Dans le tumulte dramatique de l'assassinat du saint

Caravage a représenté les différentes réactions émotives de la foule

Il s'est représenté comme un jeune homme au visage marqué, aux cheveux mal soignés, aux moustaches tombantes et à l'expression tendue et pensive

 

Conversion de Saint Paul - 1ère version

Cette première version de la Conversion de Saint Paul est une scène peuplée de nombreuses figures

Saül, ennemi du Christ, qui se trouve à la tête d'une expédition punitive sur le chemin de Damas est jeté à terre par une violente lumière

Caravage cherche à évoquer l'exotique Damas du récit biblique par l'armement ancien et orientalisant du vieux soldat et le croissant de lune sur le bouclier

A côté du cheval, la molène, qui est une plante symbolisant la lumière divine

 

Conversion de Saint Paul - 2ème version

Pour les peintres de l'époque de Caravage une oeuvre était ledéploiement d'un récit ou d'une pensée dont toutes les composantes devaient être sous nos yeux dans l'espace délimité par le cadre

Pour Caravage c'est tout juste si Saint Paul trouve place dans le tableau empli par le grand cheval baigné d'une lumière de lune

On ne voit plus les figures comme les moments d'une histoire mais comme des êtres réels prêts à sortir du tableau

Par son clair-obscur Caravage suggère le dehors du tableau dans la nuit

La scène dominée par la masse du cheval compte peu de personnages et perd ainsi son caractère d'évènement public sans perdre de son intensité

 

Le crucifiement de Saint Pierre

Après avoir achevé ses peintures pour "Saint Louis des Français", Caravage obtient une nouvelle commande prestigieuse pour la chapelle Cerasi de Santa Maria del Popolo

Dans cette scène chacun vaque à sa besogne et les choses semblent se passer avec évidence

Le peintre impassible décrit le travail des serviteurs dont les gestes sont ceux d'ouvriers qui peinent et non ceux de bourreaux qui s'acharnent

Casques et baies frustes

Pieds boueux et rares outils

La lumière s'épanouit dans le col chiffonné du serviteur de gauche

L'artiste cadre de près le saint qui déjà attaché à la croix nous regarde avec calme

Le manteau gris bleu glisse dans un angle sous l'ombre de la pelle brune à côté de la grosse pierre friable et chaude comme du pain

 

Saint Jean Baptiste enlaçant un bélier

 

Le jeune berger bucolique, à moitié assis, le bras posé sur le cou de l'animal, tourne sa tête en direction du spectateur

Le siège sur lequel il s'étend est recouvert d'une fourrure et de drapés rouges et blancs

Scène sur fond sombre

Touffes d'herbe au premier plan

Coloris rouge et jaune

L'agneau traditionnel s'est mué en bélier

Le nu évoque les "Ignudi" de Michel Ange sur le plafond de la Sixtine

Il embrasse en souriant le bélier, symbole du sacrifice du Christ, en signe de joie que lui inspire la rédemption de l'humanité

 

Saint Mathieu et l'Ange

Pour la première fois Caravage concède que les anges peuvent voler. Il en a imaginé soutenu dans l'air par le claquement de son énorme manteau, presque à la façon d'un parachute

Pour mieux entendre ce qu'il devait transcrire dans le registre ouvert sur la table le saint se dresse sur son tabouret en s'y appuyant du genou

Costume noble mais intemporel qui peut convenir à chaque époque

Couleur presque fluorescente dans l'obscurité de deux tons voisins de jaune et d'orange de la tunique et du manteau

Le manteau tombe vers le bas en une forme élégante et s'épanouit sur les mains peintes avec réalisme

 

La mise au tombeau

 

Nous sommes au bord de l'antre obscur du tombeau

Les gens stupéfaits sont surpris par la lumière comme si après un effondrement au fond de la grotte les amis de Jésus se précipitaient au bord de la dalle oscillante de la pierre tombale pour mettre à l'abri le corps du Christ

Si proche de nous la scène nous apparaît claire et pleine de vie

Forte présence des couleurs de vert, de rouge et d'orange

 

La Madone des pélerins ou Madone de Lorette

 

Composition en diagonale, point de vue bas et vision rapprochéeL'obscurité spatiale intense enveloppe les figures

La Vierge est adossée au chambranle d'une demeure romaine et soutient l'Enfant Jésus fortement éclairé qui bénit les pélerins vers lesquels elle tourne son regard

L'idée de faire vénérer la Vierge représentée comme une simple femme devant un portail, en contact physique direct avec deux pélerins du petit peuple vus de dos, suscita l'indignation

De plus ils montrent leurs pieds nus et sales

Tableau émouvant sur le plan humain car fondé sur la proximité entre les pélerins chargés d'espérance qui représentent l'humanité entière et la Vierge à l'Enfant qui apporte amour et bénédiction

 

Saint Jérôme

 

Oeuvre originale par :

- la figure de trois quarts

- la primauté des parallèles dans un schéma essentiellement horizontal

- le lien établi entre la tête du saint et la tête de mort - placées à peu près sur le même plan - au moyen du bras allongé qui trempe la plume très loin

- la parfaite intégration de la nature morte à la nature vivante

- magnifique rouge du manteau

- la palette privilégie les bruns et les blancs

- tout l'espace disponible est envahi grâce à la saillie des livres posés de biais hors du plan du tableau

- éclairage type de Caravage car projeté sur des éléments isolés par des sources multiples

 

Madone des palefreniers ou Madone au serpent

 

Ce tableau avait été commandé par des cardinaux comme symbole de l'Immaculée Conception. Il fut refusé

L'oeuvre a une forte résonnance plébéienne

Sainte Anne, vieille gitane, la Vierge en robe retroussée de lavandière, l'Enfant tout nu ; c'est une étrange famille qui s'arrête sur le seuil de l'écurie des palefreniers pour en chasser cette couleuvre

On a reproché au Caravage d'avoir "vilement représenté la Vierge avec Jésus enfant tout nu"

Ce tableau était normalement destiné à la basilique Saint Pierre de Rome ce qui témoigne de la renommée atteinte par l'artiste

La pose inhabituelle des pieds de la Vierge et de l'Enfant est liée au sujet de l'Immaculée Conception et de la victoire sur le mal

 

David tenant la tête de Goliath

 

Sur l'épée est gravée la phrase de Saint Augustin " L'orgeuil périt par l'humilité"

C'est une interprétation d'humilité donnée à David et à l'autoportrait de l'artiste en Goliath, emblème du mal

Ce tableau est la confession de l'artiste homicide, orgueilleux et fugitif

C'est aussi une demande de grâce humble par l'intermédiaire d'un symbole biblique de la justice divine

 

En buvant à la source d'eau vive ce jeune garçon exprime physiquement un concept spirituel

L'attitude n'est pas celle de la gestuelle de la tradition classique : en prenant appui sur le sol afin de se soulever pour boire il prend une attitude qui est observée sur le vif par l'artiste

Jeu essentiel de la lumière et de l'ombre qui alternent pour donner du relief au corps

Ligne lumineuse sous le menton

Lueur qui derrière la nuque illumine la peau de bête

 

Saint Jean Baptiste à la source

 

Saint Jean Baptiste

 

Les tons assourdis et la profonde mélancolie contrastent avec l'attitude virile et pleine de vie d'autres images du Précurseur peintes par Caravage

Membres maigres et gracile, visage gentil et décharné de ce Baptiste à peine adolescent

Une paresse insidieuse de dégage de la pose recherchée de ce Saint Jean aux yeux battus qui semble déjà avoir trop vécu

 

A la fin du 16ème siècle la peinture s'orientait vers le réalisme

La nature morte est au point de départ de cette évolution

Il en sera de même au moment du renouveau réaliste dans les dernières décennies du 19ème siècle : les citrons de Manet comme les pommes de Cézanne sont proches de ces fruits peints par Caravage

Caravage veut démanteler la hierarchie des genres

En choisissant une peinture sans sujet apparent, sans action il se retire des idéologies et du faux décorum

 

La diseuse de bonne aventure

Tableau rempli de grâce et de sensibilité

La bohémienne dit la bonne aventure au jeune homme

Elle montre sa fourberie en feignant le sourire pendant qu'elle vole l'anneau du jeune homme

Lui, il montre sa naïveté et son attirance sensuelle vers la beauté de la jeune femme qui lui dit la bonne aventure et le regarde en lui retirant son anneau

Repos pendant la fuite en Egypte

Lumière et ombre se partagent le fond

La tête est au centre de l'éventail de lumière

Relief optique obtenu grâce au contraste de la masse sombre des cheveux contre le mur clair et à l'épaule qui se détache sur l'endroit où la chemise fait place à l'ombre

Caravage peint en étalant directement la peinture sur la toile sans dessin préparatoire : le cou est trop musculeux par rapport à la tête

Attention portée à la nature morte

Caravage déclarait qu'il "lui coûtait autant de soin pour faire un bon tableau de fleurs qu'un tableau de figures"

Petit Bacchus malade

A la fin du 16ème siècle la peinture s'orientait vers le réalisme

La nature morte est au point de départ de cette évolution

Il en sera de même au moment du renouveau réaliste dans les dernières décennies du 19ème siècle : les citrons de Manet comme les pommes de Cézanne sont proches de ces fruits peints par Caravage

Caravage veut démanteler la hierarchie des genres

En choisissant une peinture sans sujet apparent, sans action il se retire des idéologies et du faux décorum

Jeune garçon à la corbeille de fruits