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JUSTE  DE  GAND

Juste de Gand serait né vers 1437 .

Reçu franc-maître de la guilde des peintres d’Anvers en 1460 il se serait inscrit en 1464 à celle de Gand.

En 1467 il aurait été parrain de Hugo van der Goes lors de son admission au métier. Vers 1473 – à 36 ans – il serait parti pour l’Italie, Van der Goes lui ayant facilité le financement du voyage.


Le duc d’Urbino, condottiere cultivé et humaniste raffiné venait de décider la construction d’un nouveau et immense palais. Il fit œuvrer de nombreux artistes venus de toute l’Italie.

Il avait prévu de se réserver une retraite silencieuse à l’écart de sa nombreuse cour, une pièce où il pourrait lire, écrire et méditer. Une pièce qu’il voulait décorer de 28 portraits d’hommes célèbres peints à l’huile. Il fit donc appel à un flamand : Juste de Gand.


Saint Jérôme et Saint Augustin


C’est ainsi qu’il a peint vers 1475 Saint-Jérôme et Saint-Augustin qui sont tous les deux au Louvre.

Ces portraits se caractérisent par des anatomies osseuses, des attitudes forcées ainsi que par une palette claire et nuancée, allant du rouge lie-de-vin au vert acide.

Les portraits d’Urbino dénotent une recherche de réalisme propre à la tradition flamande tout en révélant dans leur monumentalité un apport italien et l’influence humaniste de la cour d’Urbino.



La communion des apôtres


L’œuvre la plus importante de Juste est la Communion des apôtres, le tableau du maître-autel de la confrérie du Corpus Domini.

Elle est inspirée d’une peinture de Fra Angelico que Juste a pu voir au couvent Saint-Marc de Florence dans laquelle les disciples qui quittent la table viennent s’agenouiller aux pieds du Christ. Mais ce séjour en Italie n’a que peu porté atteinte au style de l’artiste tel qu’il s’était formé en Flandre.

La scène se passe dans le chœur d’une église dont l’abside est soutenue par une rangée de colonnes composites.

Par une ouverture tout à fait à gauche on aperçoit vaguement dans le lointain des tours et des maisons qui font penser à Gand.

Le Christ, vu de trois quarts, devant la table tient la patène de la main gauche et présente le pain sacré à Jacques le Mineur.

Autour de lui ceux de ses disciples qui viennent de recevoir la sainte hostie semblent apaisés et heureux tandis que les autres aspirent à la nourriture céleste.

Repoussé dans la pénombre, Judas s’efforce d’éviter le regard de Jésus.

Sur l’avant-scène l’artiste a  placé un plat et une cruche d’eau, instruments du lavement des pieds.


A l’arrière-plan, à droite, le duc Frederico, les deux courtisans qui le suivent et Caterino Zeno, l’ambassadeur du shah de Perse avec qui il s’entretient, forment un groupe animé.


La présence du Persan confirme que la sainte eucharistie est universelle car le Christ est descendu sur terre pour sauver tous les hommes quelle que soit leur origine.

Le groupe est complété par une jeune femme visible en retrait qui porte le petit Guidobaldo.

Deux anges en parfait équilibre grâce à la forte tension des ailes planent au-dessus des protagonistes. L’un prie tandis que l’autre exprime son émotion devant l’acte sacré qui se passe au-dessous de lui.

Le groupe des apôtres et celui du duc produisent un fort contraste. Le peintre se révèle un portraitiste d’un rare talent quand il exprime sur les visages la foi ardente des uns et l’animation bruyante des autres, animation accentuée par le mouvement des mains.

Opposition des vêtements : simplicité et même pauvreté chez les apôtres, richesse et luxe chez le duc et ses compagnons.

Le Christ porte une robe gris-bleu ; les disciples sont habillés de tuniques vertes, rouge claire, jaunes brunes.

Symphonie de couleurs complétée sur le fond bistre de l’abside par le bleu verdâtre des ailes des deux anges.


Il est rare de voir dans un tableau de cette époque le réalisme et le spiritualisme si parfaitement réunis.


Longtemps on a attribué à Juste de Gand le Triptyque du Calvaire de la cathédrale Saint Bavon de Gand, que les spécialistes accordent aujourd’hui à son ami Hugo van der Goes.


Juste de Gand a fait connaître à l’Italie la peinture à l’huile, technique qui se répandit comme une traînée de poudre car le duc d’Urbino avait attiré à sa cour des artistes venus d’un peu partout.


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