LA LAITIÈRE – 1659
La force, la simplicité et la netteté de cette oeuvre incarnent
désormais l’essence du caractère holllandais.
Le personnage qui se détache sur un
mur blanc nu donne pratiquement à lui seul toute la force du tableau.
Vermeer souligne
les contours du dos de son personnage d’un trait blanc très fin. Ce procédé fait
ressortir le personnage et met en valeur ses couleurs.
Cette œuvre a toujours été
saluée comme l’une des meilleures de Vermeer. C’est par un vote spécial du Parlement
hollandais qu’elle a été acquise pour les collections nationales.
La présence des
éléments de décor est ici réduite au minimum : l’attention se concentre sur la figure
d’une robuste servante qui verse du lait dans une marmite.
Généralement Vermeer peint
des personnages appartenant à un milieu social plus élevé.
Les coups de pinceau sont
hardis et vigoureux: le modelé est assez sommaire.
Les couleurs : jaunes, bleus, verts
et rouges , sont fortes et terreuses.
La lumière entrant par la fenêtre, à gauche,
éclaire cette femme, le mur qui se trouve derrière elle et la table du premier plan.
Sur
celle-
Sur la corbeille comme sur le pain et le pichet en bronze,
on relève la technique à pointillés de lumière déjà utilisée par Vermeer pour certaines
toiles et qui donne ici des résultats magistraux.
Sont traités de la même façon le
corsage et le tablier de la domestique, le récipient de laiton accroché au mur du
fond.
Le tableau de Vermeer se distingue de la tradition hollandaise des « scènes
de cuisine » : l’atmosphère en est déterminée par le caractère du personnage.
L’attitude
concentrée de la femme et son application à travailler aux besoins de la famille
illustrent bien l’idéal hollandais des vertus domestiques.
Cette signification est
renforcée par la présence d’un brasero sur le sol et de carreaux décorés d’amours
sur la plinthe qui sont autant d’allusions symboliques à l’affection.
