Nous vous proposons de découvrir l’oeuvre de  Paul GAUGUIN à partir de 196 tableaux commentés

 

Vous accédez à la première page de présentation des tableaux en cliquant sur la flèche droite

 

Nous vous présentons  ci-dessous une relation de la vie de Gauguin

JUIN 1948 – JUIN 1886

 

1848 – Le 7 juin naissance à Paris de Paul Gauguin

Son père Clovis est journaliste républicain au National

Ce journal a contribué au renversement de Louis Philippe

Il s’est marié en 1846 avec Aline Chazal

La mère d’Aline, Flora Tristan avait dans des livres retentissants dénoncé la situation des femmes et des ouvriers

Flora était la fille d’une française et d’un colonel de l’aristocratie espagnole né au Pérou, Moscoso

Quand Moscoso  mourut Flora rentra en France, épousa un graveur, Chazal en 1821 dont elle se sépara en 1825

 

1849 – Le 8 août la famille Gauguin s’embarque au Havre pour le Pérou. « Il prit à mon père après les événements de 48 la fantaisie de partir pour Lima avec l’intention d’y fonder un journal. Il meurt au cours du voyage.

Aline et ses deux enfants, Paul et Marie s’installent à Lima chez leur grand oncle Moscoso, le frère du père de Flora.

 

Fin 1854 – Aline rentre en France et s’installe à Orléans chez Isidore le frère de son mari Clovis. Paul est externe dans un pensionnat

 

1859 – Gauguin poursuit sa scolarité au Petit Séminaire dirigé par l’évêque Dupanloup

 

1862 – Paul rejoint sa mère à Paris où elle est devenue couturière et où il prépare le concours d’entrée à l’Ecole Navale sans succès

 

1865 – Le 13 novembre dans son testament Aline recommande à son fils de «  se faire sa carrière car il a su si peu se faire aimer de tous mes amis qu’il va se trouver bien abandonné »

Elle désigne Gustave Arosa comme tuteur de ses enfants

Le 6 décembre Gauguin embarque comme pilotin (élève officier) sur le Luzitano qui appareille pour Rio de Janeiro.

 

1866 – Toujours en mer, voyage au Pérou et au Chili

 

1867 – Sa mère meurt à Saint Cloud où elle s’était installée

 

1868 – le 28 février il est incorporé comme matelot de 3ème classe et est affecté sur le Jérôme Napoléon qui croise en Méditerranée orientale et en Mer Noire

 

1869 – croisière en Méditerranée et escale à Naples et Venise

 

1870 – il croise vers le Cap Nord et franchit le cercle polaire.

Le Jérôme Napoléon rebaptisé Desaix capture quatre bateaux allemands

 

1871 – la maison de sa mère à Saint Cloud est brûlée par les prussiens

Le 23 avril il est libéré de son service militaire nanti d’un certificat de bonne conduite

 

1872 – recommandé par Gustave Arosa il rentre comme remisier chez Paul Bertin, agent de change.

Aline avait désigné Gustave Arosa comme tuteur de Paul et de Marie. C’était un spéculateur de profession et un collectionneur d’art dont la collection sera le premier maître de Gauguin

Il se lie chez Bertin avec Emile Schuffenecker, le grand ami de demain  qui comme Gauguin mais en assurant ses arrières financiers va se consacrer à la peinture

En automne il rencontre Mette Gad, danoise qui séjourne à Paris et qui est grande, belle, intelligente et pleine d’ambition sociale

 

1873 – le 22 novembre il épouse Mette Gad

Il peint pendant ses loisirs et quand Mette fait un voyage au Danemark

Marie Heegaard, ami de Mette «Paul s’ennuie terriblement de son amour et emploie ses moments libres à peindre ; dimanche dernier il a peint  pendant dix heures »

L’acharnement est un trait durable de sa personnalité

 

1874 – naissance le 31 août d’Emile

Gauguin suit les cours de l’Académie Calarossi et rencontre Pisarro et les autres impressionnistes

 

1875 – Paul et Mette s’installent rue de Chaillot, non loin des bords de Seine, signe d’ascension sociale

 

1876 – Gauguin cesse son travail chez Bertin

Il expose pour la première fois au Salon Officiel

 

1877 – il s’installe à Vaugirard et rentre en relation avec les sculpteurs  Aubé et Bouillot

Aubé fit entrevoir à Gauguin qu’une carrière était possible dans les arts grâce aux revenus de la céramique

naissance d’Aline le 24 décembre

 

1878 – il fait des affaires et collectionne les impressionnistes, conciliant vigilance boursière et carrière d’artiste

 

1879 – il est employé chez le banquier Bourdon

il participe à la quatrième exposition impressionniste et prête trois œuvres de Pissarro lui appartenant

Il fréquente le café de la Nouvelle Athène, place Pigalle où il rencontre Manet, Degas, Renoir et Pissarro

Pissarro est originaire des Antilles et leurs relations seront amicales jusqu’en 1886

Le 10 mai naissance de Clovis

 

1880 – il participe à la 5ème exposition impressionniste en avril

En été il emménage rue Carcel à Vaugirard

Il quitte Bourdon pour un établissement de transactions sur les valeurs des compagnies d’assurances (Thomereau)

 

1881 – il participe à la 6ème exposition impressionniste

le 12 avril naissance de son quatrième enfant : Jean-René

 

1882 – la faillite de l’Union Générale entraîne un effondrement de la bourse

malgré les divisions qui s’installent dans le groupe il participe à la 7ème exposition impressionniste

Gauguin dont les affaires boursières périclitent hésite à choisir entre la banque et la peinture

Lettre à Pissarro « Je ne puis me décider à rester toute ma vie dans la finance et peindre en amateur »

Il fait du courtage en œuvre d’art grâce à ses connexions dans le milieu des affaires et des peintres. Il ne sépare pas l’admiration qu’il porte aux œuvres du prix qu’il pense en tirer plus tard.

Il a une belle collection de 50 œuvres qu’il vendra peu à peu

Le dimanche il rend visite à Pissarro à Pontoise

 

1883 – en juin il séjourne trois semaines chez Pissarro à Osny

en novembre il est sans emploi « l’amour de mon art me tracasse trop la tête pour que je sois un bon employé dans les affaires … et d’un autre côté j’ai une famille trop nombreuse et une femme incapable dans la misère »

le 6 décembre naissance de Paula, son cinquième enfant

 

1884 – en janvier il s’installe à Rouen, ville moins chère que Paris.

Il vit d’expédients

En octobre il est employé par une fabrique de bâches, Dillies, comme représentant pour le Danemark

En  octobre Mette retourne à Copenhague « Je pars avec mes enfants et les meubles »

En novembre Gauguin les rejoint au Danemark où il s’installe chez la mère de Mette

Mette donne des leçons de français

 

1885 – Il commence à se poser en martyr du pinceau, son rôle préféré «  je suis ici sans argent, sans crédit et l’esprit tout à la peinture au lieu des affaires »

En juin, avec son fils Clovis, Gauguin quitte Copenhague et les siens, impuissant à combiner l’alimentaire et la peinture, effrayant la société de Mette par sa rudesse, son mépris des convenances et ses mots salés.

Il fuit comme il le fera toujours

Mette, patiente, se résigne

Il vit à Paris chez Schuffenecker

Il rejoint les peintres en villégiature sur la côte normande mais il inquiète par l’extravagance de sa mise et une attitude de mégalomane alors qu’il est devenu un amateur fauché

En septembre il passe trois semaines à Londres

En décembre Clovis est atteint par la variole.

Gauguin devient colleur d’affiches dans les gares. « Lorsque le petit est tombé malade j’avais vingt centimes dans ma poche et nous mangions à crédit depuis trois jours du pain sec »

 

1886 – la sœur de Gauguin aide à payer l’école de Clovis qui reste des mois sans voir ni père ni mère

Le 15 mai il participe à la 8ème et dernière exposition impressionniste.

Ce n’est plus la bonne entente entre les peintres impressionnistes.

« le temps n’est plus au fugitif magnifié par l’harmonie solaire, aux promenades en barques irisées d’éclats lumineux,… »

Gauguin expose 19 tableaux et un critique souligne « l’harmonie sourde qui résulte de l’emploi rapproché de tons presque semblables »

 

JUILLET 1886 – AVRIL 1891

 

1886 – mi-juillet, grâce à un prêt d’une de ses relations il part à Pont-Aven et s’installe pour trois mois à la pension Gloanec

Le pays est moins cher et les paysans, dit-on, sont proches de l’état de nature et respectent les coutumes ancestrales et ont une piété intacte

Une littérature d’esprit rousseauiste insiste sur la sauvagerie de ses habitants. Les écrivains ont forgé la légende d’une Bretagne repliée sur son passé (coiffes, calvaires, pardons, …)

Barres est envoyé par le journal Voltaire  pour exciter chez les lecteurs la nostalgie des origines, le désir d’une existence comme « avant » la civilisation industrielle et l’essor urbain

Gauguin veut aussi vivre économiquement

Pont-Aven compte 1.500 habitants

Il s’habillait comme un pêcheur breton d’un chandail bleu et portait le béret penché avec désinvolture

On traitait Gauguin en homme à se concilier plutôt qu’à provoquer et il avait la réputation d’une excellente lame

Il a écrit « on me respecte comme le peintre le plus fort de Pont-Aven »

Il fait la connaissance du peintre Eugène Laval

15 août, première rencontre avec le peintre Emile Bernard, mais Gauguin ne se liera avec lui qu’en 1888

mi-octobre il rentre à Paris où il s’installe 257, rue Lecourbe

il fait de la céramique dans l’atelier de Chaplet

en novembre première rencontre avec Vincent van Gogh

fin novembre au Café de  la Nouvelle-Athènes il refuse de serrer la main de Signac et de Pissarro

fin novembre – début décembre, il est hospitalisé 27 jours pour soigner des angines

 

1887 – pour l’aider Bracquemond essaie de vendre ses tableaux et ses céramiques

il se rend à Saint Quentin pour voir l’œuvre de La Tour

en avril Mette vient à Paris chercher Clovis et repart en emportant plusieurs œuvres de son mari

Gauguin se plaint de l’oubli de la langue française chez ses enfants

Le 10 avril il s’embarque à Saint-Nazaire avec le peintre Charles Laval pour Panama où son beau-frère Jean Uribe, mari de sa sœur Marie a une affaire

Il compte sur l’aide de son beau-frère et espère vivre pour rien dans une île avoisinante, Tabogas

« J’emporte mes couleurs et mes pinceaux et je me retremperai loin de tous les hommes »

« Ce que je veux avant tout c’est fuir Paris qui est un désert pour l’homme pauvre »

Le 30 avril il arrive à Panama où avec le percement de l’isthme les indiens ont fait monter les prix

Mi-mai, sans aide de son beau-frère, « qui n’a pas changé comme intelligence », et sans argent il se fait embaucher sur le chantier du canal mais à la suite d’une compression du personnel il est renvoyé quinze jours après

Mi-juin, avec Laval ils se replient sur la Martinique qui « est un paradis à côté de l’isthme »

La prospérité de l’île abondante en cacao, café, sucre et rhum repose sur la main d’œuvre noire, descendants d’esclaves venus d’Afrique

Il réalise une douzaine de tableaux durant les quatre mois de son séjour. (audace de la couleur où les effets de surface commencent à primer sur le modelé)

« chaque jour c’est un va et vient continuel de négresses accoutrées d’oripeaux de couleur avec des mouvements gracieux variés à l’infini »

mi-octobre, malade de paludisme et de dysenterie il s’embarque sur un bateau à voile et arrive en France le 13 novembre

Il s’installe chez Schuffenecker et espère vivre en faisant des céramiques

Il fait la connaissance de Daniel de Monfreid

Théo van Gogh, le frère de Vincent est un marchand pour la maison Goupil et soutient Gauguin par ses achats de tableaux

 

1888 – pendant plusieurs mois Gauguin souffre des suites de la dysenterie et du paludisme qu’il a contractés à la Martinique

 

Début février il part à Pont-Aven où il s’installe à la pension Gloanec, sans le sou ou presque

« J’aime la Bretagne, j’y trouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit j’entends le ton sourd, mat et puissant que je cherche en peinture »

Les premier mois sont pluvieux et il peint peu

 

Van Gogh s’est installé à Arles, fin février 1888.

Fasciné par le marin et l’aventurier, Vincent croit à la fraternité des parias et propose à Gauguin de créer une association de peintres pour vendre leurs tableaux

Gauguin de son côté pense plutôt à une association commerciale avec Théo à sa tête comme marchand

Théo propose à Gauguin, s’il va s’installer à Arles, 150 francs par mois contre un tableau. Gauguin accepte cet arrangement

 

Début août il retrouve Emile Bernard, venu avec sa sœur Madeleine dont Gauguin s’entiche

Laval revient de la Martinique où il était resté se faire soigner

Gauguin, Bernard et Laval pratiquent le cloisonnisme, « peinture par compartiments » avec des aplats de couleurs vives exaltées par un cerne noir pareil au plomb des vitraux

En septembre échange d’autoportraits avec Van  Gogh ; Gauguin s’est peint en Jean  Valjean

 

Le 21 octobre il quitte Pont-Aven pour Arles où il arrive le 23, appâté par l’argent de Théo

Théo redoute pour Vincent tourmenté la solitude et les accès de désespoir

La cohabitation avec Vincent s’avère vite difficile, les conflits incessants

Gauguin le sauvage aime l’ordre sous son toit et la transparence dans les dépenses du couple

Van Gogh est plus bohème, moins prévisible

« Il aime beaucoup mes tableaux mais quand je les fais il trouve toujours que j’ai tort de ceci, de cela. Il est romantique et moi je suis plutôt porté à un état primitif »

A Arles, Gauguin se rapproche de Cézanne dont la leçon est le respect du motif et le dessin par la couleur.

Mais Gauguin a écrit : « ne copiez pas trop d’après nature. L’art est  une abstraction ; tirez-là de la nature en rêvant devant et pensez plus à la création qu’au résultat »

Gauguin et Vincent sont les habitués des bordels et des cafés de la ville, particulièrement le café Ginoux

A la mi-décembre, la cohabitation devenant électrique, Gauguin veut rentrer à Paris mais annule sa décision

Le 17 décembre il visite avec Vincent le musée de Montpellier

 

Le 23 décembre, Vincent pris d’un accès de folie se mutile l’oreille d’un coup de rasoir et l’offre à Rachel, une prostituée «  Tu te souviendras de moi, en vérité je te le dis » et il menace Gauguin

Le 24 décembre il demande à Théo de venir assister son frère, ce qu’il fait en le confiant à l’Hotel-Dieu

Le 26 décembre, Gauguin rentre à Paris avec Théo et habite chez Schuffenecker

 

1889 – les rumeurs vont bon train dans le milieu parisien et Gauguin culpabilise de ne pas avoir désarmé Vincent

Gauguin veut convaincre ses amis de la folie de Vincent mais il doit ménager Théo qui reste son marchand

En février il expose à Bruxelles

Il ne vend qu’une toile et doit rester habiter chez Schuffenecker jusqu’au début juin

Madame Schuffenecker « Gauguin se laissait vivre et se figurait être le véritable maître de la maison »

 

De mi-février à mi-avril il est à Pont-Aven dont il revient pour l’exposition Volpini

Le 6 mai 1889, ouverture de l’exposition universelle

Gauguin s’enflamme pour la Tour Eiffel

Scuffenecker organise une exposition de peinture au Café des Arts sur le Champ de Mars, l’exposition Volpini (nom du patron du Café) au cœur de l’exposition universelle

L’affiche présente le groupe de peintres comme « synthétistes » c'est-à-dire pratiquant la simplification des formes, le cerne du trait et les aplats de couleurs irréalistes

Gauguin lors de l’exposition est fasciné par les pavillons javanais et cambodgiens et envisage de se retremper dans le confort colonial du Tonkin

 

Début juin Gauguin retourne à Pont-Aven à l’auberge Gloanec où il s’installe à crédit.

A cette époque l’image du colosse rabelaisien (1,61m !) tranchant de tout se met en place.

Sa formule «  Vive le vin, l’amour et le tabac »

Amer et abattu il diffuse l’image du Christ, prophète, trahi par tous et doutant de tout ;

 

Le 2 octobre il s’installe au Pouldu à l’auberge de Marie Henry car Pont-Aven est trop encombré de peintres et d’estivants.

Le Pouldu est plus austère que Pont-Aven et les coiffes et les vêtements des femmes sont plus ordinaires ;

Le peintre Meyer de Haan, son admirateur et son élève, s’installe avec lui et partage ses revenus avec lui.

De Haan avait créé une biscuiterie prospère qu’il avait cédée à son frère en échange d’une rente lui permettant de vivre pour peindre.

Fin octobre André Gide passe quelques jours au Pouldu dans l’auberge de Marie Henry.

 

Mais Gauguin devient jaloux de son ami peintre,de Haan, qui séduit Marie Henry et pour s’en venger donnera de lui dans deux portraits une résonance antisémite.

 

1890 – en Janvier, de Haan lui annonce qu’il ne peut plus avancer l’argent de leur pension.

Le 7 février avec l’aide de Schuffenecker qui lui envoie l’argent du voyage il rentre à Paris et vit chez son ami.

En mai il envisage d’aller à Madagascar pour fonder l’atelier des Tropiques avec Bernard et de Haan.

Début juin il part avec de Haan au Pouldu

Il écrit en juin 1890 «  Hélas, moi je me vois condamné à être de moins en moins compris et je dois m’en tenir à suivre ma voie seule, et traîner une existence sans famille, comme un paria … Le sauvage retournera au sauvage »

 

En juillet il travaille peu, excité par son projet de voyage il hésite entre Madagascar et Tahiti pour créer l’atelier des Tropiques

Il apprend la mort de Vincent survenue le 29 juillet

Le 14 octobre, Théo van Gogh devenu fou est interné et Gauguin perd son marchand

Le 8 novembre il rentre à Paris et habite chez Schuffenecker avec qui il se querelle (il aurait tenté de séduire sa femme) et qui ne veut plus le loger.

 

Monfreid lui présente Juliette Huet, une jeune couturière, qui devient son modèle et sa maîtresse.

 

1891Le 22 février Gauguin organise une vente de ses tableaux à l’hotel Drouot pour financer son voyage dans le pacifique sud, vente précédée par un article demandé par Mallarmé à Octave Mirbeau, critique influent

Il veut désormais aller à Tahiti car Madagascar est trop près du monde cultivé

Le produit de la vente est de 10.000 francs ce qui permet à Gauguin d’envisager son grand départ

Le 7 mars il arrive à Copenhague.

C’est la dernière rencontre avec sa femme et ses enfants

 

Le 15 mars, Gauguin, appuyé par Clémenceau, demande au ministre des beaux arts une mission gratuite pour Tahiti. Il reçoit « une mission à Tahiti, à l’effet d’étudier au point de vue de l’art et des tableaux à en tirer, les coutumes et les paysages de ce pays. Cette mission est gratuite. »

Mais il reçoit une réduction de 30% sur le prix du voyage et une vague promesse d’achat de quelques uns de ses tableaux

Le directeur des beaux arts recommande Gauguin au sous-secrétaire d’Etat aux Colonies. Cette recommandation officielle symbolique va lui servir de sésame durant les premiers jours de son installation

 

Le 23 mars banquet donné au Café Voltaire en l’honneur du départ de Gauguin sous la présidence de Mallarmé

« Messieurs, buvons au retour de Paul Gauguin ; mais non sans admirer cette conscience superbe qui en l’éclat de son talent, l’exile, pour se retremper vers les lointains et vers soi-même »

 

Le 1er avril il s’embarque à Marseille à bord de l’Océanien

Avril 1891 – juillet 1893

 

Le 9 juin 1891 il arrive à Papeete. Les habitants de l’île surpris par ses cheveux longs le surnomment « homme-femme »

 

Le 11 juin il écrit à Mette qu’il espère faire quelques portraits bien payés.

 

Le 16 juin il fait des esquisses aux funérailles du roi Pomare V, décédé quatre jours auparavant

 

En juin-juillet il se fait couper les cheveux, achète un costume colonial blanc et fréquente les européens de l’île

 

En août-septembre, il essaie en vain d’apprendre le tahitien

 

En septembre-octobre il a une relation avec Titi, une anglo-tahitienne. Surpris en train de se baigner nu il se voit infliger une contravention pour attentat à la pudeur.

Il loue une maison indigène à 45 km de Papeete

 

En novembre 1891 il fait la connaissance de Tehamana qui devient sa vahiné et son modèle

 

Début 1892 il a des vomissements de sang et est admis à l’hôpital qu’il quitte pour des raisons financières

 

Le 11 mars il écrit à Monfreid qu’il travaille beaucoup à ses études ou « documents » qui pourront lui servir plus tard.

 

En avril 1892 il cherche une subvention pour financer son retour en France

 

Le 12 juin 1892 il écrit au directeur des Beaux-Arts pour demander son rapatriement

 

En août 1892, Tehamana, sa vahiné est enceinte

 

Fin mars 1893 il retourne à Papeete et loue une pièce dans la banlieue

 

Debut mai il peint les vitres de sa porte pour empêcher sa propriétaire de l’espionner quand il fait poser des modèles indigènes

 

Le 25 mai le ministre de l’intérieur l’autorise à rentrer en France « en dernière classe »

 

Le 16 juillet 1893 il embarque de Nouméa pour Marseille et paie un supplément pour voyager en deuxième classe.

Août 1893 – juin 1895

 

Le 30 août 1893 Gauguin arrive à Marseille avec quatre francs en poche ; Paul Sérusier lui envoie 250 francs pour prendre le train pour Paris

 

Le 3 septembre il assiste aux funérailles de son oncle Isidore dont il hérite de la moitié des biens

 

A la mi-octobre il entreprend d’écrire un livre pour faire comprendre sa peinture tahitienne « Noa Noa »

 

Le 8 novembre il fait don au Musée du Luxembourg de « Je vous salue Marie ». Le musée refuse le tableau.

 

Le 10 novembre 1893, inauguration de son exposition chez Durand-Ruel. Onze toiles sur quarante et une seront vendues. Mais Gauguin est content car son exposition a « éveillé la fureur et la jalousie »

 

Début janvier 1894 il loue deux pièces rue Vercingétorix et décore les murs de ses propres tableaux mais aussi de toiles de Cézanne et van Gogh.

Il vit Annah la Javanaise, âgée de treize ans et originaire de Malaisie

 

Le 11 janvier, premier des « lundi » de Gauguin. Il réunit chez lui peintres, écrivains et musiciens et leur lit parfois des passages de Noa Noa

 

Du 18 au 22 février 1894 il visite les musées de Bruxelles, Anvers et Bruges.

 

En mars-avril 1894, Julie Huet qui fut le modèle et la maîtresse de Gauguin, dont elle avait eu une fille, injurie Hannah et quitte définitivement Gauguin.

 

Le 27 avril mort de Charles Laval, l’ami peintre de Gauguin qui en 1887 l’avait accompagné à Panama et à la Martinique.

 

Fin avril Gauguin quitte Paris pour la Bretagne avec Hannah et son singe. A Pont-Aven il descend à l’hôtel de Marie Jeanne Gloanec.  Marie Henry, aubergiste du Pouldu et maîtresse de Meyer de Haan, refuse de lui rendre les tableaux qu’il avait laissé pendant son séjour à Tahiti.

 

Le 25 mai 1894, à Concarneau, il a la jambe fracturée au cours d’une bagarre avec des marins ( qui seront condamnés à lui verser une petite somme de 600 francs ). Pendant tout l’été il prend de la morphine et boit beaucoup pour lutter contre la douleur.

 

En août Hannah quitte la Bretagne pour Paris où elle pille l’appartement de Gauguin, ne laissant que les tableaux.

 

Le 14 novembre il perd son procès contre Marie Henry et rentre immédiatement à Paris.

 

Le 7 décembre 1894 il annonce son intention de retourner à Tahiti.

 

Début janvier 1895 il se rend à Copenhague pour voir ses enfants.

 

Le 18 février il présente des toiles à la vente à Drouot ; faible résultat.

 

Le 28 juin1895 il prend le train pour Marseille.

Le 9 septembre 1895 Gauguin arrive à Papeete et annonce son intention de partir pour les Marquises.

 

En novembre renonçant à partir pour les Marquises il s’installe à cinq kilomètres de Papeete où il construit un fari, case traditionnelle en bambou et feuilles de palmier

 

Debut décembre il fait venir Tehamana qui s’est mariée entre temps et qui effrayée par l’eczéma de Gauguin retourne chez son mari

 

Début janvier 1896 il prend Pahura, jeune fille de 14 ans pour vahiné.

 

Début avril 1896, souffrant de sa jambe, à bout de ressources il écrit qu’il est au bord du suicide. En juin il est hospitalisé et est enregistré à l’hôpital de Papeete comme indigent. Le 14 juillet il quitte l’hôpital sans payer la note.

 

Début décembre 1896, Pahura donne le jour à une fille qui meurt peu après.

 

Vers la mi-janvier 1897, il refuse d’être placé à l’hôpital avec les soldats et les domestiques.

 

Le 19 janvier, Aline, sa fille meurt à vingt ans des suites d’une pneumonie, décès qu’il apprendra en avril par une lettre « courte et brutale » de sa femme

 

En avril 1897 chassé de son terrain il acquiert avec un prêt du Crédit Agricole deux parcelles de terre et ajoute un atelier à une grande maison de bois

 

En juillet-août 1897 il souffre de sa fracture, d’eczéma et de syphilis que les colons considèrent comme une sorte de lèpre.

 

A la mi-août 1897 il écrit à sa femme une lettre pleine de reproches : elle cesse toute correspondance avec lui

Le 15 octobre 1897 publication de la première partie de Noa Noa rédigé avec l’aide de Morice

 

Le 30 décembre 1897 il tente de suicider à l’arsenic

 

Fin mars 1898 il est contraint d’accepter pour six francs par jour un poste de dessinateur au Bureau des Travaux Publics. Il renonce à peindre pendant cinq mois

 

En août 1898 Pahura le quitte mais revient de temps en temps pour commettre quelques larcins ; il porte plainte mais sans succès. En septembre il passe 23 jours à l’hôpital pour son pied.

 

Le 19 avril 1899, Pahura donne naissance à un petit garçon que Gauguin prénomme Emile

 

Le 12 juin 1899 il publie le premier de ses éditoriaux dans le journal satirique « Les Guêpes » qui attaque le gouverneur et en août il crée son propre journal « Le Sourire » dont il assure toutes les taches mais qui ne fait pas sourire les autorités locales et qui cessera sa parution en avril 1900

 

En mars il signe un contrat avec Vollard qui lui assure un salaire mensuel de 300 francs

 

Début mai 1899, malade il ne parvient pas à peindre depuis six mois

 

Le 16 mai 1899 mort de son fils Clovis de 21 ans, mort qu’il ne semble pas avoir apprise

 

En février-mars 1900 il effectue trois séjours à l’hôpital et envisage de s’installer aux Marquises

 

Le 10 septembre 1901 il quitte Tahiti pour les Marquises à bord de « La Croix du Sud ». Le 16 il débarque à Atuona sur l’île marquisienne d’Hivaoa où il reçoit un accueil enthousiaste des habitants familiers de son nom grâce à ses articles des Guêpes.

Il apprend que le terrain qu’il convoite appartient à l’évêque Martin et il assiste à la messe pour témoigner de sa piété. L’évêque lui vend deux parcelles et avec l’aide de ses voisins il commence à construire sa « Maison du Jouir »

 

Le 18 novembre 1901 il convainc un chef marquisien de retirer sa fille de 14 ans, Marie-Rose, de l’école catholique pour en faire sa vahiné.

 

En avril 1902 il déchaîne les foudres des autorités coloniales en refusant de payer ses impôts et en encourageant les indigènes à la même rébellion

 

En juin-juillet 1902, éprouvant des difficultés à marcher il achète une voiture et un cheval

 

A la mi-août 1902, Marie-Rose enceinte retourne chez ses parents pour accoucher et ne reviendra pas vivre avec Gauguin. L’évêque s’interpose pour que cessent les manœuvres de Gauguin pour dissuader les indigènes d’envoyer leurs filles à l’école. Pour se venger, Gauguin installe devant sa maison des caricatures sculptées de l’évêque et de sa gouvernante nue

Le 14 septembre 1902 Marie-Rose met au monde une fille

 

 

En février 1903 il essaie sans succès de défendre 29 indigènes accusés d’ivrognerie, mais on  le renvoie le premier jour du procès lorsqu’il apparaît vêtu en tout et pour tout d’un pareo crasseux

 

Le 31 mars il est condamné à trois mois de prison pour diffamation à l’encontre du gouverneur

 

Le 8 mai 1903 il meurt à 11 heures du matin et est enterré le lendemain dans le cimetière catholique d’Atuona.

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