FOUQUET

Nativité et adoration des bergers

Fouquet a disposé plusieurs événements nocturnes

En haut à droite un ange lumineux apparaît à quatre bergers se chauffant autour d'un feu

En bas leur petit chien est en arrêt devant l'enfant n u

La lumière de l'étoile traverse un trou dans le chaume du toit

L'enfant joue avec son pied à la façon d'un joyeux bébé mais Fouquet l'a situé dans le coin inférieur gauche qui est la zone néfaste de la composition comme pour évoquer le destin tragique de Jésus

Les bergers, dont l'un joue de la cornemuse, adorent l'Enfant

Le boeuf , l'âne et le chien sont peints avec tendresse près du bébé dont ils partagent l'innocence

Le rocher du lointain apporte une note fantastique à ce décor nocturne

La tête de la Vierge se situe au centre précis du tableau

La seconde Annonciation

La Légende Dorée de Jacques de Voragine nous apprend les circonstances de l'Assomption de la Vierge Marie

"Elle survécut de douze ans à son fils et était sexagénaire lorsque ... lui apparut, environné d'une grande lumière, un ange qui la salua ... Voici une branche de palmier que je vous ai apporté du paradis; vous la ferez porter devant le cercueil, car dans trois jours vous serez enlevée de votre corps; votre Fils attend sa révérende mère"

Marie demande à l'ange que les apôtres l'assistent et l'ensevelissent

La palme resplendit d'un grand éclat

La tête enveloppée d'un voile blanc et du guimpe qui lui cache le menton la Vierge prie devant un guéridon drapé de vert au chiffre d'Etienne Chevalier comme le grand lit à baldaquin au fond de la pièce

Décor contemporain d'une riche demeure bourgeoise

Au plafond de belles poutres, des murs à pilastres et panneaux de simili-marbre et au sol une natte tressée en perspective courbe

L'ange est revêtu d'un costume de diacre de l'époque


La mort de la Vierge

Tous les apôtres ont été enlevés sur des nuées blanches des endroits où ils prêchaient et furent déposés devant la porte de Marie

"Vers la troisième heure de la nuit, Jésus arriva avec les anges, l'assemblée des patriarches, la troupe des martyrs et les choeurs des vierges. Tous ... chantent à l'envie de doux cantiques... C'est ainsi que l'âme de Marie sortit de son corps et s'envola dans les bras de son Fils"

Pierre officie et bénit le corps

Jean tient un cierge allumé et le rameau apporté du paradis par l'ange

Les apôtres font cercle autour du lit

Fouquet a imaginé de curieuses vagues ondulées pour séparer le monde terrestre du monde céleste

Il a disposé avec art les draperies des deux apôtres du premier plan

L'Ascension

Le Christ s'élève miraculeusement, montant tout droit, entouré d'une auréole qui semble reprendre la forme de la croix

Il repose ses pieds sur un petit nuage blanc qui semble le dérober des yeux de l'assistance

Douze anges vêtus de blanc aux ailes bleues s'approchent du Christ et renforcent l'impression de symétrie

Deux anges détachés du groupe annoncent à la foule réunie que le Christ va se séparer d'eux pour ne plus revenir qu'au jour du jugement

Au premier plan saint Pierre fait face à la Vierge

En arrière saint Paul semble expliquer le miracle

On voit les empreintes des pieds du Christ sur une petite élévation rocheuse

Bleu très froid du manteau de la Vierge, rose mat de celui de saint Jean et vert franc de celui de sainte Madeleine

L'orange du manteau de saint Pierre renforce l'aspect sculptural de cette figure

Etienne Chevalier est présenté à la Vierge mère par son saint patron, Etienne

Les "Puissants" de la cour qui se sont souvent fait représenter en adoration devant la Vierge, flanqués de leur saint patron

Premier des martyrs, Etienne "fut lapidé l'année que Jésus monta au ciel, le matin du troisième jour du mois d'août", d'où la pierre montrée en sa main droite

De la gauche il présente à la Vierge le Grand Trésorier de France, humblement agenouillé

Décor de palais céleste avec son orchestre d'anges musiciens et chanteurs

Fouquet a juxtaposé une architecture classique, à l'antique et de début de la Renaissance (corniche, pilastres cannelés, chapiteaux corinthiens, architrave avec frise de putti ailés, couronnes et écussons d'Etienne Chevalier) avec un portail gothique décoré de statues d'anges, de prophètes

A droite Isaïe désigne la Vierge assise à ses pieds sur une longue estrade de marbre

Fouquet a l'art de disposer les plis des robes

Une niche à coquille dans le tympan du portail, comme Fra Angelico (1447-1449) dans la chapelle Nicolas V au Vatican

L'écharpe noire d'Etienne Chevalier est une évocation de son deuil récent : son épouse était morte accidentellement en 1452 et lui laissait quatre enfants

L'Annonciation

Fouquet a choisi de représenter l'Annonciation dans l'intérieur lumineux d'une église gothique

Au fond de la nef une statue de Moïse tenant les Tables de la Loi apparaît entre les quatre colonnettes supportant l'Arche d'Alliance qui est traitée comme une châsse précieuse

La tache verte du dais renvoie à celle du tapis de sol sur lequel prie une Vierge d'humilité

La colombe du Saint-Esprit, les ailes éployées, pique vers sa tête

En dalmatique rose, l'archange Gabriel salue Marie, un genou au sol, selon la tradition iconographique française

Les livres de part et d'autre de la Vierge indiquent l'intérêt que Fouquet portait aux objets et aux natures mortes

Un éclairage doux et féerique illumine cette scène

La Visitation

"Marie, ... entrée dans la maison de Zacharie, salua Elisabeth. Quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressauta dans son ventre et Elisabeth fut remplie de l'esprit saint"

L'épouse du grand prêtre Zacharie, cousine de Marie, portait alors celui qui allait être saint Jean Baptiste

Un ange à Zacharie dans le temple "Ta femme Elisabeth t'enfantera un fils et tu l'appelleras Jean"

Zacharie sort du temple accompagné d'une élégante suivante

Marie approche sa main du ventre où va tressauter Jean

Porche de temple d'inspiration toscane

Les cyprès évoquent également l'Italie

Le thème du puis est fréquent chez Fouquet : il sert de faire-valoir aux évènements importants du premier-plan

Les quatre têtes baissées et les silhouettes monumentales et immobiles confèrent à cette scène une atmosphère de grand recueillement

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MINIATURES

DE JEAN FOUQUET

1/4

Introduction


Fouquet naquit à Tours entre 1415 et 1420

On ignore tout de sa jeunesse et de sa formation artistique mais son style proche de celui des Limbourg et sa connaissance de Paris attestent qu'il y séjourna probablement

Il était à Rome vers 1444-1446 car il peignit le portrait du pape Eugène IV ce qui indique qu'il était déjà nanti d'une belle réputation


Il a peint le  portrait de Charles VII mais rien ne prouve qu'il fut à son service

Ce portrait de Charles VII date 1445, avant son voyage en Italie

Aucune trace d'influence italienne

Ce portrait est "gothique" d'esprit

Charles VII a 42 ans et vient de rencontrer la jeune Agnès Sorel qui n'a que 20 ans quand elle devient sa maîtresse

Il était connu pour ses angoisses et sa méfiance

Mine défaite car affecté par la folie de son père et il regrettait d'avoir laissé condamner Jeanne d'Arc

Son fils le futur Louis XI venait de se révolter contre lui

Il apparaît entre des rideaux entrouverts, à peine écartés

Costume aux épaules rembourrées

Il portait un chapeau de cette forme lors de son entrée à Toulouse le 8 juin 1442

Premier portrait d'un personnage en buste montré de trois quarts pour le visage et de faste pour les épaules

Grandeur et monumentalité

La vierge à l'enfant

Ce tableau avait été commandé à Fouquet par Etienne Chevalier en mémoire d'Agnès Sorel, maîtresse de Charles VII pendant huit ans et morte subitement en 1450 à 28 ans

Fouquet venait de rentrer d'Italie en rapportant des principes de la perspective linéaire et géométrique préconisée par Alberti

Dans ce tableau l'espace et la profondeur font leur apparition dans la peinture française

Agnès Sorel est représentée sous les traits de la Vierge au sein dénudé tenant l'Enfant nu sur son genou gauche

Guillaume Jouvenel des Ursins

Il fut sous Charles VII puis sous Louis XI le premier dignitaire du royaume

Le massif dignitaire est représenté de trois quarts, éclairé de la droite, en prière

Ses mains semblent sortir toutes deux de la manche droite

Sur le fond mi-or, mi-noir, se détache la colossale silhouette du chancelier dont le visage est encadré comme dans un tableau isolé

Luxueux habit d'apparat en velours doublé de fourrure

Tout doit exalter la richesse et la puissance de ce personnage, situé au sommet de la société de l'époque

Fouquet confère grandeur et monumentalité à tous ses personnages


Des documents datés de 1475 le désignent comme "peintre du roi Louis XI (1461-1483)

Fouquet est mort entre 1478 et 1481 en laissant deux fils


Nous possédons son autoportrait ce qui est rarissime pour un artiste de cette époque

C'est un petit médaillon de 7cm de diamètre

LES HEURES D’ETIENNE CHEVALIER

Un livre d'heures était un ouvrage de piété privée contenant les prières à lire selon les heures de la journée

Le destinataire des Heures, le Trésorier de France Etienne Chevalier (successeur de Jacques Coeur) est glorifié sur toutes ces images soit par la présence d'écus frappés de ses armoiries soit par l'inscription de son nom

Né entre 1400 et 1410, grand commis, conseiller du roi, il fut nommé Trésorier de France en 1452

C'est à cette date qu'il commanda à Fouquet l'illustration de ses Heures. Fouquet y a travaillé jusqu'en 1460

Etienne Chevalier fut l'exécuteur testamentaire d'Agnès Sorel, la maîtresse de Charles VII morte en 1450 à 28 ans

Etienne Chevalier mourut en 1474


Ce livre d'heures d'Etienne Chevalier est le premier en date des manuscrits de Fouquet

Il a été illustré après son retour d'Italie car on y retrouve de nombreux souvenirs italiens (architectures, sites, une nouvelle perspective géométrique inspirée par Alberti)

C'est le seul manuscrit qui semble totalement de sa main

Fouquet fit la synthèse des apports italiens et septentrionaux en y ajoutant des éléments français, celui de la grandeur monumentale et celui du "paysage amical"

Saint Jean rédige son évangéliaire dans l'île de Patmos

Après avoir gouverné les églises d'Asie Mineure depuis Ephèse, l'apôtre Jean aurait été exilé à Patmos sous Domitien (81-96)

Il serait mort paralysé à Ephèse autour de l'an 100 sous Trajan (98-117)

Fouquet l'a représenté en jeune homme, installé sur un minuscule îlot dans un décor de fantaisie peu méditerranéen, une île de 40 km2 au large d'Ephèse, au sud de l'île de Samos

Il aurait écrit là son Apocalypse

Son animal emblématique, l'aigle de la vision d'Ezéchiel prend son envol ou se pose

Jacques de Voragine dans La Légende Dorée fait dire à saint Jean, parlant à un enfant "Vois l'aigle; il vole plus haut que tous les oiseaux; il regarde fixement le soleil, et cependant, par la nécessité de sa nature, il descend sur la terre. Ainsi l'esprit de l'homme ..." est également condamné, malgré les altitudes qu'il est capable d'atteindre, à redescendre sur terre pour se reposer

Le visage de Jean exprime la spiritualité et l'intériorité


L'adoration des mages

Associer cette scène à un hommage royal est courant mais il est exceptionnel d'en faire le panégyrique d'un roi vivant

La nuit est transformée en clarté diurne

L'Enfant reçoit du roi Gaspard un lourd calice en or

Agenouillé sur un tapis d'apparat fleurdelysé dont la couleur bleue se confond avec celle de la robe de la Vierge le premier roi représenté sous les traits de Charles VII porte un pourpoint court de sa couleur préférée

Le triangle formé par la Vierge, le roi et saint Joseph est protégé par une file de soldats : c'est la garde du corps du roi

Les armures de grand luxe reflète une lumière argentée

Au fond est représenté l'assaut d'un château, victoire des troupes françaises sur leurs ennemis anglais

Trois trompettes du roi sonnent la victoire

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