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JERÔME   BOSCH

Il serait né vers 1450.

Sa formation reste imprécise.

Malgré sa jeunesse il fut nommé en 1488 membre juré de la Confrérie Notre Dame de Bois le Duc.

On pense qu’il a bénéficié d’une forte formation intellectuelle.

Homme isolé et indépendant il ne se souciait guère des courants artistiques de son temps.

Il ne doit qu’à son génie d’avoir créé un art tout à fait particulier et totalement novateur.

Il s’est constitué une clientèle de riches bourgeois flamands et espagnols.

La bourgeoisie était séduite par les tableaux de Bosch de type traditionnel alors que la haute aristocratie achetait les peintures du domaine de la diablerie fantastique.


Bosch n’était ni un malade mental ni un névrosé grave.

En revanche, à l’inverse d’un van Eyck dont l’art reflète un esprit d’une totale sérénité qui n’était troublé par un doute quant à la bonté de l’homme et celle de Dieu, Bosch fut un peintre pessimiste en proie aux angoisses de l’époque.

La nouvelle classe dirigeante qui prospérait avec insolence condamnait les déviants qu’ils accusaient de troubler l’ordre social.

L’œuvre de Bosch nous transporte par son originalité au commencement du monde où le péché n’aurait pas existé sans la doctrine de la religion catholique.

Mais le très pieux Jérôme Bosch fut enterré en 1516, à l’âge de 66 ans avec les honneurs de l’Eglise.



LE  CHARIOT  DE  FOIN


Les deux panneaux extérieurs du retable fermé présentent un pèlerin qui parcourt les routes semées de tentations funestes représentées dans le paysage, comme la danse qui symbolise la luxure.

La scène représente le voyage humain sur les chemins du péché.



Les trois panneaux du triptyque reprennent le thème de la folie myope des hommes qui s’abandonnent à toutes sortes de péchés sans songer que leur sort fait partie d’un dessein qui est né le jour de la création et se conclura au jour du jugement.




Le volet de gauche présente une évocation du paradis. Le sol rougeâtre semble recevoir les premières lueurs de l’aube.

Un ange expulse Adam et Eve, châtiés pour leur curiosité.



Le chariot de foin exprime l’image de l’abondance refusée à certains et aussi l’avidité affairée qui provoque la jalousie de tous envers tous.

Un proverbe flamand dit : « Le monde est une meule de foin, chacun en arrache ce qu’il peut attraper »


Au sommet du chariot se joue une scène idyllique entre l’ange à gauche et le démon à droite comme si l’amour hésitait entre ces deux influences.


Le chariot est tiré par des êtres effrayants, qui associent des corps d’animaux à une tête humaine. Ils se sont emparés du timon et se hâtent sur leurs jambes d’hommes.

Le chariot est suivi d’une escorte de grands de ce monde imperturbables au milieu de l’injustice. Ils suivent le chariot comme s’il s’agissait d’un ostensoir ou d’une relique.


Les violents hurlent aux pieds des possédants et se mettent en chasse pour acquérir ce que possèdent déjà les dignitaires.

De l’injuste répartition des biens naissent l’envie et le meurtre.


Deux nonnes remplissent un sac énorme de leurs bonnes provisions.

Un moine aussi gros que le sac ne se laisse pas impressionner par la nonne qui lève son rosaire en signe de désapprobation.


Le chariot attire à lui toute la cupidité mais il ne fait que passer.

L’apparence du bonheur n’est qu’un chariot qui représentera plus tard l’instabilité même, quand il sera pillé ou parti.


Le panneau de droite présente tous ceux qui s’étaient déchaînés ou battus autour du chariot de foin. Ils sont nus et marqués du signe de leur vice comme si entre temps le jugement dernier avait eu lieu.

L’un est emmené par deux monstres animaux, l’autre traîné sur le sol par un animal ailé, le troisième traversé d’une aiguille géante en chevauchant son bœuf.


Le tableau nous montre où conduit l’avidité dans la poursuite du plaisir.



LE  JARDIN  DES  DELICES


L’ensemble de ce tableau ne parle que par énigmes. Ces énigmes subsistent malgré les efforts des érudits.


Sous un globe de cristal scintillant s’étend le disque terrestre. Un ciel crépusculaire chargé de nuages éclaire vaguement la terre ferme.


En ouvrant le triptyque on voit apparaître le globe cosmique réalisé dans sa plénitude.

Panneau de gauche : le ciel et le paradis

Panneau central : la terre et la mer

Panneau de droite : le monde infernal


Le panneau de gauche présente le paradis où le créateur unit Adam et Eve. Le créateur n’est pas Dieu le Père mais le Christ.

Adam est éveillé et reconnaît en Eve sa semblable.

Dans tout ce tableau le thème de la vue est plus important que toute action.

C’est par le regard que les individus sont en contact. Cette manière de peindre le premier couple associe vue et désir.

L’espèce de fontaine ou de tabernacle rose qui se dresse sur le lac au-dessus d’une roue de moulin percée est artificiel et n’a rien de paradisiaque.

A côté d’animaux paisibles, d’autres cherchent une proie.


L’idée de la réalisation du verbe créateur gouverne le panneau central.

Ce panneau central présente des bâtiments composés à partir de formes nouvelles. Ces tours monumentales qui transgressent les règles de l’architecture évoquent cependant davantage des constructions réelles que des excroissances de la nature.

Au centre, dans l’eau, une maison bleue parfaitement sphérique d’où s’élance une tour cylindrique.

Le bâtiment rose de droite est déchiré par des pointes en forme d’obus qui s’en échappent.

Le bâtiment de gauche ressemble à un monument funéraire constitué d’une superposition d’éléments naturels.


La zone du milieu présente un rassemblement de femmes dans l’étang circulaire.

Autour de l’étang s’organise une chasse circulaire sauvage et dirigée à la fois.

Des cavaliers chevauchent des montures récalcitrantes ou dociles dans une frénésie bien ordonnée.

Il se produit ainsi un rite qui construit un ovale solide sur le tableau : peu d’êtres en restent écartés ou attendent d’y entrer.


Ce n’est que dans la troisième zone, la plus  proche, que les couples et les groupes donnent l’impression d’être isolés et d’avoir atteint l’extase.

Ceci est symbolisé par la forme des grands fruits ronds, souvent transparents comme du verre, flottant sur l’eau comme des barques tandis que d’autres roulent sur la prairie.

Tous ces œufs servent de protection, d’enveloppe aux amants en même temps qu’ils sont le signe des désirs qu’ils provoquent.

On a l’impression que chaque individu ne peut échapper à lui-même ni surtout à ses désirs immédiats.


Les oiseaux démesurés ont un air menaçant mais ils distribuent les fruits qu’ils ont cueillis.

Les êtres qui voguent dans des barques, des moules ou des coques ne représentent pas les choses interdites mais le bonheur et son caractère éphémère.

L’œuvre représenterait l’humanité peu avant le déluge.

Les hommes vivant à cette époque s’abandonnaient sans scrupule à leurs désirs de plaisir, car leur seul péché était de n’avoir pas conscience du péché.

Chaque personnage célèbre son expérience personnelle en recherchant son plaisir. Les autres sont oubliés ou tout au plus utilisés. D’où la vie dispersée, presque distraite, qui émane de ce tableau dominé par l’ambiance souple et fluide de tous ces êtres voluptueux.


Le troisième panneau présente l’enfer.

C’est la terre qui brûle comme la guerre ou l’incendie.

Toutes ces violences pourraient se produire par attaques surprises dans n’importe quel pays.

Ce sont des convois de gens armés qui galopent en chassant devant eux des êtres nus et désemparés écrasés par un véhicule monstrueux composé de deux oreilles gigantesques enserrant un couteau.


Ceux qui échappent sont transpercés près d’une table renversée, torturés par la musique, dévorés par le gaillard à tête d’oiseau assis sur un trône qui est aussi une chaise percée.

Une femme désirable est la proie de deux monstres.

Un homme est dévoré par un cochon vêtu d’un voile de nonne.


Le plus grand des monstres se trouve au centre, sur deux jambes faites de troncs d’arbres morts reposant dans des barques.

Le corps est un œuf éclaté depuis lequel un visage mélancolique nous regarde. Il est coiffé d’une meule de moulin.



LA  MONTEE  AU  CALVAIRE (Vienne)


Le peintre a représenté le cortège des personnages sur deux registres superposés avec le Christ en haut et deux voleurs en bas.


Le larron de droite est curieusement confessé par un moine.


Remarquables teintes chaudes, douces et lumineuses.


Les bourreaux constituent une cohue plus pressée que cruelle ; ils agissent plus comme des rabatteurs que comme des tortionnaires.

La cruauté est visible à travers le Christ qui, presque agenouillé, vacille avec des plaques cloutées aux pieds.


Bosch réunit sur un même tableau le désespoir total des deux condamnés et l’espérance de rédemption que sous-tend la mort du Christ.


MORT  D’ UN AVARE


L’avare (quand il était plus jeune) tient les grains de son rosaire dans la main gauche et dépose de la main droite des pièces dans le coffre maintenu ouvert par un poignard.


Le mourant hésite entre le crucifix qu’il regarde et le sac d’argent vers lequel il tend la main. En fait, il regarde la mort qui tend sa flèche vers lui.


Mais l’ange gardien, lui, regarde plus intensément le crucifix pour, à l’instant suprême, intercéder en faveur de l’âme qui lui a été confiée.


Et peut-être que le diable ne tend pas le sac d’argent mais vient le reprendre.


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