INTRODUCTION

La chapelle de Nicolas V était réservée aux messes que le pontife célébrait chaque jour dans l'intimité (parva, secreta, privata, quotidiana)

Les fresques furent exécutées de 1848 à 1850, année jubilaire

Les fresques constituent un ensemble homogène caractérisé par des formes clairement ordonnées auxquelles des couleures limpides et vives, et une lumière sans contrastes violents donnent une grande animation

La chapelle est petite et mesure 6,80 m sue 4,20 m

Les fresques illustrent des épisodes de la vie de Saint Etienne et de Saint Laurent conformes au texte des Actes des Apôtres mais intégrant des passages de "La légende dorée" de Jacques de Voragine (1228-1298)

Saint Etienne et Saint Laurent incarnaient deux qualités que tous reconnaissaient à Nicolas V : l'éloquence et la générosité

Saint Laurent est le patron des libraires, des bibilothécaires et de bibliophiles

Nicolas V était très généreux envers les écrivains et acquit de multiples manuscrits et volumes pour la bibliothèque vaticane.

Nous allons découvrir les fresques

Ensuite nous pourrons lire une brève biographie de Nicolas V et de Fra Angelico

Nous essaierons pour finir d'approcher le message théologique des fresques de Fra Angelico

Des sspectateurs de l'ordination de Saint Etienne

Il prie pourle bienfaiteur

Prédication de  Saint Etienne

Saint Etienne argumente

Saint Etienne distribuant les au mônes

Ils écoutent

Comparution devant le Sanhédrin

Le juge

Saint Etienne

Les membres du  Sanhédrin

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LA CHAPELLE NICCOLINE

DE FRA ANGELICO AU VATICAN

Saint Etienne conduit au supplice

Ses  bourreaux le conduisent au supplice

Saint Etienne

Celui qui l'accueille au lieu du supplice

La lapidation de Saint Etienne

Le futur Saint  Paul garde les  manteaux

Le saint à genoux

Ils lui jettent des pierres

         Saint Laurent ordonné diacre par Saint Sixte

Le Calice

Saint Sixte

Saint Laurent

Deux témoins dont un diacre portant un livre

Saint Sixte remet à Laurent  les trésors de l'Eglise  qui en fait l'aumône

La vaisselle offerte par le fils de l'empereur   et un soldat témoin

Saint Laurent distribuant les aumônes

Les mendiants

Saint Laurent  devant l'empereur Dèce

Courtisans et soldats

Instruments de supplice

Courtisan

Le martyre de Saint Laurent

Dignitaires

Saint Laurent baptisant un homme dans sa prison

Saint Laurent  sur le gril

La voûte avec les quatre évangélistes

Saint Mathieu

Saint Marc

Saint Luc

Saint Jean

La vie du pape Nicolas V

Né Tommaso Parentucelli à Sarzana vers 1398, pape du 6 mars 1447 à 1455.

Il mit fin au schisme de l’antipape Félix V et il fonda la Bibliothèque vaticane. Libre de tout népotisme, il était de petite taille et de faible constitution physique. Son regard perçant n'engendrait pas l'obéissance ; il était bien davantage un homme de lettres qu'un homme d'action.

Sa grande générosité, son goût pour l'art et ses choix politiques difficiles lui valent néanmoins d'être considéré comme l'un des papes les plus brillants.

Dans sa jeunesse, il perd son père, médecin pauvre mais talentueux, ce qui l'empêche de compléter ses études à Bologne. Tuteur à Florence des familles Strozzi et Albizzi, il y rencontre les penseurs les plus marquants de son époque.

De retour à Bologne, il termine ses études de maître en théologie et entre au service de Niccolo Albergati, évêque de Bologne, devenant bibliographe pour l'évêché. Parentucelli met en pratique ses connaissances patrologiques et scolastiques lors du concile de Florence, ce qui lui permet de dialoguer avec les évêques grecs.

Le pape Eugène lui confie alors des tâches diplomatiques de première importance, et après la mort de ce dernier, il lui succède et choisit le prénom Nicolas.

Devenu le pape Nicolas V, il met en place à Rome de nouveaux équilibres politiques et internationaux. Constructeur de fortifications et restaurateur d'églises, il commence son pontificat en embellissant la grande ville (il commencera la construction du Palais du Vatican voulant en faire le plus grand palais du monde), et en invitant les peintres, les architectes et avant tout les écrivains.

Reconnu comme seul véritable souverain pontife (1449), il stabilise ses rapports avec le Royaume de Naples, et garde une position de neutralité en Italie, jusqu’à la paix de Lodi (1454). Dans ses états, il accorde aux dirigeants municipaux un certain nombre de privilèges tout en gardant fermement le contrôle de la commune.

Surnommé le « pape humaniste », il a à sa cour Lorenzo Valla en tant que notaire apostolique. Les œuvres d'Hérodote, Thucydide, Polybe sont réintroduites en Europe occidentale grâce à son patronage. Blessé par les dommages faits à la culture grecque, il tente sans succès de lancer une croisade pour délivrer les Byzantins de l'emprise turque. Pour cela, il remet sur pied une armée efficace et augmente les rentrées fiscales.

Voulant assurer la réussite de la réforme catholique, il envoie plusieurs légats, dont Nicolas de Cues, Jean de Capistran et Guillaume d'Estouteville, au nord et au sud de l'Allemagne, en Angleterre, et en France. Ayant entrepris la réhabilitation de Jeanne d'Arc, son autorité voit le couronnement de Frédéric III du Saint-Empire.

Par la bulle Romanus Pontifex, il se pose en arbitre des empires espagnols et portugais et assure la portée universelle de l'autorité du pontife, y compris dans la christianisation des peuples indigènes et musulmans.

Dans cette même bulle, il donne au Roi du Portugal l'autorisation pour la traite des Noirs. Le nom de Nicolas V est pour cette raison souvent lié à l'esclavage.

L'historien contemporain Norman Cantor a accusé le pape de complaisance envers les traiteurs portugais ; il fut néanmoins le continuateur d'Eugène IV, auteur de la bulle Sicut Dudum qui interdisait clairement la possession d'hommes. Paul III écrira plus tard Sublimus Dei pour réaffirmer cette prise de position.

La fin de son pontificat est cependant marquée par l'anxiété, car Stefano Porcaro, homme politique cultivé et favori du défunt pape Martin V, tente à plusieurs reprises d'instituer une république à Rome.

Malade, il rassemble autour de lui les cardinaux et résume les labeurs qui avaient guidé sa vie et son pontificat, avant de mourir le 25 mars 1455 âgé d'environ 57 ans.

La vie de Fra Angelico

Guido di Pietro, en religion Fra Giovanni, dit Fra Angelico (Le Frère des Anges) ou parfois le peintre des Anges (Vicchio di Mugello, vers 1400[1] - Rome, 18 février 1455) est un peintre du Quattrocento de qui Vasari disait qu'il avait un « talent rare et parfait ». Il était connu de ses contemporains comme Fra Giovanni da Fiesole, dans les Vies écrite avant 1555, il était déjà connu comme Giovanni Fra Angelico (Le Frère Giovanni l'angélique).

Religieux dominicain, il a cherché à associer les principes picturaux de la Renaissance - constructions en perspective et représentation de la figure humaine - avec les vieilles valeurs médiévales de l'art : sa fonction didactique et la valeur mystique de la lumière.

Guido Nada di Pietro naît vers 1400 dans la petite ville de Vicchio di Mugello

Peintre laïc sous le nom de Guido di Pietro à Florence, Fra Angelico entre le 31 octobre 1417 à la confrérie San Niccolò di Bari, de l'ordre des Dominicains observants, une branche dominicaine minoritaire de flagellants, dans laquelle s'observe la règle originelle de saint Dominique, qui requiert la pauvreté absolue et l'ascétisme, et qu'il suit de 1418 à 1423.

À partir de 1423 (année où il peint un crucifix pour l'hôpital de Santa Maria Nuova), il est nommé « frère Jean des frères de Saint-Dominique de Fiesole », et c'est seulement après sa mort qu'il est appelé Beato Angelico (Bienheureux Angelico).

Son éducation artistique se déroule à Florence à l'époque de Lorenzo Monaco. Du premier, il reprend l'usage de couleurs accentuées et peu naturelles, mais aussi une lumière très forte qui annule les ombres et participe au mysticisme des scènes sacrées, thèmes qu'on retrouve dans sa production de miniatures et dans ses premières compositions.

Entre 1430 et 1433 il réalise Le Jugement Dernier, encore très influencé par le style de Lorenzo Monaco, mais le rythme des plans démontre un intérêt naissant pour l'organisation en perspective de l'espace.

À partir de 1440, Cosme de Médicis lui confie la décoration du couvent San Marco, pièces et cellules individuelles des moines, travaux que dirige son ami Antonin de Florence, archevêque de la ville.

En 1445, après le retentissement de ses premiers travaux, il est invité à Rome par le pape Eugène IV qui régna de 1431 à 1447.

Il peint la Cappella del Sacramento qui fut plus tard détruite par Paul III.

En juin 1450 Fra Angelico est nommé prieur du couvent San Marco. La même année, il est nommé archiprêtre de Florence.

En 1450 il est nommé archiprêtre de Florence et retourne ensuite à Rome pour peindre la chapelle de Nicolas V (Cappella Niccolina) et meurt à Rome le 18 février 1455.

Il est enterré à Rome dans l'Église de la Minerve.

Fra Angelico a été béatifié par Jean-Paul II en 1984 et proclamé saint patron des artistes.

Au dernier siecle, on se basait sur l'interprétation de Vasari, qui elle même était inspirée de la Contre-Réforme, où l'on insistait sur le caractère dévot de sa peinture.

Les commentateur contemporain préfère souligner l'artiste en tant que relié à la première Renaissance, son effort novateur et l'influence initiale de Masaccio.

Le message théologique

des fresques de la chapelle Niccoline

La foi que célèbre l'Eglise est celle qui agit par l'intermédiaire de la charité

Liturgie sacramentelle

Un détail attire l'attention : le vêtement du diacre

Saint Laurent est en effet vêtu d'une dalmatique rouge, symbole de la charité, constellée de multiples flamèches qui sont le symbole de la plénitude de l'Esprit Saint invoqué sur celui que l'on ordonne

Fra Angelico veut nous dire que la valeur absolue pour une personne consacrée au culte de Dieu et au service de ses frères est la charité, don suprême du Saint Esprit qui rend conforme au Christ et fait agir en son nom

La charité du sang

La première scène de chacune des vies de Saint Etienne et de Saint Laurent rappelle l'ordination qui comporte la remise, la "traditio" de la patène et du calice

Le sang du Christ qui y est contenu est la charité incorruptible

Le pape est le chef visible de "la Sainte Eglise", laquelle détient et administre le pain de la vie et donne à boire le sang

Le pouvoir des clés passe de Pierre à ses successeurs en même temps que la garde et l'administration du sang du Christ

Avec ses pinceaux Fra Angelico proclame la doctrine des conciles de Constance et de Florence qui affirme l'unité et l'autorité de l'Eglise

Les apôtres avaient confié aux sept diacres de l'Eglise de Jérusalem la distribution de l'Eucharistie lorsque le repas quotidien incluait le repas divin

La charité de l'aumône

Saint Etienne place la distribution des biens de la communauté avant la proclamation du nom de Jésus

Le  peuple de Dieu se présente dans un tranquille va-et-vient de pauvres qui s'approchent, recoivent l'aumône et repartent

Trois effets de l'aumône :

- effet corporel : elle supplée à l'indigence du pauvre

- effet spirituel : le donateur distribue ses biens par amour de Dieu et de son prochain

- autre effet spirituel : celui qui a reçu le bienfait prie pour son bienfaiteur

La charité de la prédication de Saint Etienne

Saint Etienne juché sur un minuscule podium prêche sur une place de Jérusalem devant deux groupes d'hommes et de femmes

Toujours vêtu des habits de diacre, car la prédication est un acte liturgique, il compte sur ses doigts de façon très claire; sans doute résume-t-il certaines paroles du Christ

Quatorze femmes assise en tailleur, la tête voilée et les mains jointes, les yeux tournés vers l'orateur écoutent attentivement ses paroles

Six hommes debout paraissent commenter ce qu'ils entendent en s'exprimant par gestes

Les femmes se montrent réceptives dans l'attitude traditionnelle qui convient à leur sexe

Les hommes apprennent en raisonnant

La charité de l'aumône de Saint Laurent

Le pape Sixte II (en réalité le portrait de Nicolas V) rement à Laurent un petit sac rempli de pièces qui seront distribuées aux miséreux

Des mains de celui qui remet (le Pape) à celles de celui qui reçoit (le diacre) puis à celles des suppliants par le biais de l'aumône, court le flux de charité qui rend "heureux le donateur plus que celui qui reçoit" selon la parole du Christ

Saint Laurent est au milieu de quatre indigents, de deux hommes, de deux femmes et de deux enfants

Il personnifie la vertu de charité qui fait considérer tous les hommes comme des frères, puisque tous sont enfants de Dieu

Il nous fait comprendre la dignité de tout homme quelle que soit sa condition sociale

La femme avec un enfant dans les bras semble entendre le Magnificat, chant à la louange de Dieu qui exalte les humbles et comble de biens les affamés

La charité du martyre

Saint Etienne prêche devant le conseil

Son visage serein, rempli de grâce et de la puissance de l'Esprit Saint contraste avec le visage figé du Grand Prêtre

Le martyr est ensuite conduit au supplice

Ceux qui lui jettent des pierres ne sont pas vraiment dramatisés. Fra Angelico était incapable de donner vie à la laideur ou à la méchanceté

Le futur Saint Paul garde les manteaux

Saint Laurent ne croise pas le regard de l'empereur mais lève les yeux vers le ciel où résident les biens impérissables

Ses mains dépouillées des richesses terrestres sont liées derrière son dos

Un jeune homme isolé détourne les yeux comme isolé ou fatigué

La sentence est exécutée sous le regard de l'empereur et des courtisans

La charité doctrinale

Parole éternellement vivante du Dieu de la Révélation, l'Evangile se transmet depuis la voûte de la chapelle, sous un ciel lumineux d'étoiles, avec les écrits des quatre évangélistes, peints avec leurs attributs allégoriques, sous chacun des quatre voûtains

Le pape est le premier maître de la foi en l'église à laquelle le Christ a confié le dépôt vivant des vérités qu'il a révélées

Fra Angelico est un peintre de la grandeur de Dieu et de son Eglise. Il a consacré ses  plus grandes oeuvres au Seigneur et à la Vierge. Mais avec les fresques de Saint Etienne et de Saint Laurent c'est l'Eglise qui est célébrée, l'Eglise fondée par le Christ à partir des apôtres, d'où découle l'autorité pontificale mais aussi l'Eglise fondée sur l'exercice de la charité

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